18.05.2012
A VOS OREILLES!(1)
Autour de VERDI et de LA TRAVIATA
(La TRAVIATA-ouverture)
Le 6 mars 1853,un vent frais souffle sur Venise.
Un défilé de calèches s'arrête devant le Théâtre de LA FENICE,puis reprend sa course.
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Cette foule bigarrée de crinolines et chapeaux claque,vient assister à une première représentation : elle vient écouter le cri d'amour de Violetta,une courtisane surnommée "LA TRAVIATA",ou "femme dévoyée".
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Le thème est hardi pour cette époque du XIX° siècle étouffant sous les moeurs bourgeoises où les maris s'encanaillent dans des garçonnières.
En France,il ya 4 ans une affaire a agité les gazettes, passionnant Hugo et MERIMEE,levant le voile sur des souffrances muettes:un pair de France a poignardé son épouse,fille de maréchal.Chocking dans ce milieu!!!
Le Code bourgeois n'a pas été respecté.
Mais je m'égare,je m'égare..
VERDI est songeur en cette soirée du 6 Mars 1853...


Marguerite GAUTIER l'a ému ;il aime ces femmes passionnées comme Giuseppina qui n'a pas hésité à abandonner mari et enfants pour le rejoindre.Il aime cette incandescence des sentiments.
Peut -être pense-t-il aussi à ses enfants et à sa première épouse ce soir là qui ne ressemble à aucun autre.
Le sort, le '"destino" a été bien cruel,lui arrachant ses "deux petits" Virginia et Cilio Romano;il pense à Margherita qu'il a épousée en 1836 alors qu'il n'était âgé que de 23 ans.
1836-1840: espace de temps où ses trois êtres chers vont lui être ravis.
La musique qu'il a songé à abandonner dans un grand moment de solitude et de désarroi devient son ultime refuge.."Les chants désespérés.."
En 1842,son oeuvre " NABUCCO" a connu un vif succès à "La SCALA" de MILAN....
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VERDI pense aussi à son père,modeste aubergiste dans une petite ville de province,près de PARME ,ce père qui a deviné les dons de son fils pour la musique ( peut-être résonnent encore les airs populaires italiens chantés par les voyageurs de passage..).
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09:08 Publié dans OPERA | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note
15.05.2012
LE PASSAGE.
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Sur l’électrophone TEPPAZ, le boléro de RAVEL ou peut-être la cinquième symphonie de BEETHOVEN ponctuait ces matinées étales, exsangues, des dimanches au pensionnat
Sur quatre rangées s’alignaient les bureaux au piètement chromé, arrondi.
Penchées sur les courbes sinusoîdales ou les tables de logarithmes (je ne sais plus ce que ces mots savants signifient, mais j'aime...), les jeunes filles éduquaient en même temps leur oreille.
Moi, ça me" barbait "ce consensus musical ; mon amour pour la musique encore en état de gestation, se révèlerait et se réveillerait bien plus tard.
Comme une imposture faite à ce silence contraint, une interpellation mobilisa l’attention de la jeune assemblée :
« Ma Mère, ELLE a volé mon stylo ; il n’est plus dans la trousse ! »
ELLE, c’était moi, 11 printemps dans la tête accrochés à la partition de mes rêves bourgeonnants que je n’aurais pas vendus pour un vulgaire Bic.
Le doigt accusateur me valut d’être consignée dans cet espace clos, étouffant,sans ouverture pour voir voler l’oiseau,espace d’humiliation enclavé entre la salle privée des sœurs et l’escalier de pierre en colimaçon menant à la chapelle :LE PASSAGE.
Le défilé pouvait commencer : 12 « nonettes », franchissant ce passage, douze regards dévisageant la coupable (la présomption d’innocence n’existait pas à l’époque...) qui devait baisser la tête, humiliation nécessaire pour mériter le pardon rédempteur !!
Un seul regard, blessé, le mien.
Mais... la tête relevée comme un défi à ce cynique rituel.
C’était un dimanche pas comme les autres au pensionnat.
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13:41 Publié dans Souvenirs | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note
13.05.2012
La chevrière
Nous étions prévenus:il ne fallait surtout pas enlever la chaîne délimitant l'accès au gîte qui se trouvait sur l'itinéraire suivi par la chevrière;ses chèvres en effet, d'humeur vagabonde,pouvaient investir la propriété, s'installer sur les murets bordant le bois.
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Le lendemain de notre arrivée, à l'aube ( j'exagère...un peu plus tard..) nous entendîmes des bêlements ponctués de " Mila Dius"Mila Dius" ( Mille Dieu):une voix très affirmée où s'exprimait toute l'autorité ( controversée d'ailleurs par le troupeau), d'une femme trapue...,de plus de 80 ans, vêtue comme un homme.
Elle vivait à 500mètres de chez nous..enfin.."ils" vivaient car la maison était une véritable arche de Noé.
Je n'en croyais pas mes yeux, je remontais le temps devant un tel spectacle:dans la rue, devant la maison, une dizaine de coqs poursuivis par des poules hardies;c'était un va et vient incessant de chevreaux ,de chats,de canards qui franchissaient le seuil.Et tout ce petit monde vivait heureux.Pas de voisins:impossible tellement l'odeur de toute cette ménagerie imprégnait la rue pourtant bordée de très jolies maison de pierres ,abandonnées aux glycines,ronces, dissuadant tout investisseur potentiel.
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J'ai pu savoir que l'hiver, la chevrière dormait avec ses canards, que le Maire du village l'avait "déplacée "quelques temps pour " assainir" la maison en faisant notamment installer une douche qui...dès le troisième jour de son installation, servait de mangeoire pour les animaux!On m'a raconté qu'un soir d'hiver, elle s'était résignée à appeler le vétérinaire car le bouc qu'elle chérissait était tombé sérieusement malade.Le vétérinaire donnait peu de chance de survie à la bête mais il fut conseillé de la maintenir au chaud.
La chevrière se blottit la nuit contre l'animal:ce remède sembla redonner de la vigueur car le lendemain, le bouc fut guéri.
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(à proximité du gîte)
08.05.2012
LA FACE CACHEE..
...du ROI SOLEIL.
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(Jean-Baptiste LULLY -1632-1687-Marche pour la cérémonie des Turcs - extrait de la comédie- ballet "le Bourgeois Gentilhomme")
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la célèbre comédie-ballet ,"LE BOURGEOIS GENTILHOMME",
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Mais Madame de MAINTENON arriva dans la vie de Louis...
Lully fut mis en semi-disgrâce après un affaire qui fit du bruit ( L'affaire BRUNET - interdit aux plus de 50 ans)
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Voilà..fin de l'épisode sur une chanson écrite à cette époque par un anonyme.
"Une jeune fillette
de noble coeur,
Plaisante et joliette
de grand'valeur,
Contre son gré on l'a rendu'nonnette
Cela point ne luy haicte
dont vit en grand'douleur."
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Ma quale dolore!!!!
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(Images Internet)
08:43 Publié dans Musique et médias | Lien permanent | Commentaires (23) | Envoyer cette note
01.05.2012
BRINDILLE
J'associe à cette note Paulette ,Jocelyne et Christiane,mes cousines qui font partie de ces doux souvenirs d'enfance à la campagne...
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J'ai toujours aimé Le regarder, L'écouter "respirer"
Je m'asseyais sur le banc de facture grossière,un peu en retrait dans l'âtre, les pieds maintenus bien au chaud dans des charentaises à gros carreaux.
J'aimais sentir l'odeur de la soupe dans le chaudron noirci par la fumée;j'aimais ce silence que seul venait interrompre la vieille comtoise égrenant son " tic tac" régulier.
J'écoutais le crépitement exhalant l'âme des vieux chênes et ne détachais pas le regard de la lente combustion, de ce rouge qui se noie dans un gris d'argent.
Enfin,j'"allumais" la brindille, épiant l'instant où la flamme cèderait la place à ce minuscule point rouge pour, d'une main assurée,la faire tournoyer en cercles incandescents!
C'était une journée d'hiver chez ma grand'mère à la campagne,j'avais 6 ans.
08:08 Publié dans enfance | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note
29.04.2012
CHRONIQUE DES ANNEES FOLLES(4)

Ce printemps 2006 ( plus de 25 ° à l'ombre en ce début du mois d'avril ) avait chassé un hiver ayant semblé interminable.
Les rayons du soleil s'attardaient sur les lilas formant une haie odorante dans ce lieu mythique du Boulevard du Montparnasse:
La CLOSERIE DES LILAS.
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Ma mère avait dix-huit ans et son amant, mon père, dix-neuf ; elle était pauvre, il était riche ; beaux tous les deux.
Mon père fut obligé, plus tard, par ses père et mère, de faire un mariage de raison avec une fille de ferme qui avait du bien.
Quand je m'annonçai, ma mère était à quelques mètre de chez elle ; les douleurs l'ont forcée à s'asseoir au bord du trottoir.
J'avais déjà la tête dans le ruisseau, mais ma mère s'obstinait toujours à ne pas me laisser passer. Le cordon autour du cou, je commençais déjà à violacer quand le hasard a voulu que j'aie une chance pour moi.
Mon futur parrain qui venait aux nouvelles a vu le tableau ; il a engueulé ma mère et lui a dit :
"Marie, laisse-la donc passer, l'Alice."
"L'Alice, c'était moi !"





08:14 Publié dans chronique des années folles | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note
24.04.2012
CHRONIQUES (3)
des années folles.





23:09 Publié dans chronique des années folles | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
23.04.2012
CHRONIQUES (2)
...des années folles.










11:48 Publié dans chronique des années folles | Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note
21.04.2012
CHRONIQUES
..des années folles.
Il s'agit ici d'une série de notes que je reprends, dont le titre est en partie emprunté à un arverne ,un ami que vous connaissez tous,car il est toulours parmi nous,le "tonton bouttu"
Une idée, folle , bien entendu,m'était venue de vous embarquer pour un voyage au temps de ces années particulièrement fertiles.
Nous parcourrons ainsi les chemins de la mode, l'architecture, la musique,la peinture etc.
Afin d' effectuer cette remontée du temps, et pour éviter d'être ennuyeuse,je relaterai les morceaux de vie d'une famille ,Athanase et Guillemette de BOURSICROTIN, sous la forme de " chroniques".(toute ressemblance avec une parentèle de BOURSICROTIN ne serait que pure coïncidence)
Dois-je vous dire que je me suis régalée?
Installez-vous..et dansez sur un rythme de charleston.
Qui m'aime me suive!
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Il ajustait son chapeau melon pour la énième fois et ses gestes précis se faisaient de plus en plus nerveux, saccadés, trahissant un agacement mal contenu.
Et cette Guillemette qui n’en finissait pas de lacer son corset en coutil !
Quand ce supplice prendrait-il fin ?
Rue de Rivoli, lui avait-elle dit, elle avait entendu parler d’une certaine Gabrielle CHANEL -dite "Coco"-qui allait bientôt libérer la femme de toutes ces contraintes inutiles.
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Décidément ses pieds la faisaient souffrir.
N’avait-elle pas passé l’après-midi au Jardin des Plantes, s’épuisant à canaliser l’énergie de leurs 3 petits, Apolline, Désiré et Boniface
Elle avait fait preuve d’un certain courage car en ce 18 Décembre 1920, la température était descendue à moins 10°.
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En remontant le Boulevard de l’Hôpital, elle s’était arrêtée devant le kiosque tenu par Mademoiselle Gilberte pour acheter « Le Petit écho de la mode ».
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Les 3 enfants raffolaient de la page qui leur était réservée « Lili et Guignol ».
Oui..La journée avait été bien remplie.
Mais cela n'avait pas altéré son enthousiasme .Ce soir, en effet , son ravissement était à son comble car Athanase avait réservé une table au cabaret pour écouter ce groupe de jazzmen venu des Etats-Unis,les MITCHELL'S JAZZ KINGS.
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Elle aimait cette nouvelle manière de concevoir la musique…
Peut être était- ce là qu’elle trouvait l’écho de ce qu’elle avait toujours voulu être : une femme, libre.
Athanase s’impatientait.
Elle enfila à la hâte son nouveau manteau aux motifs géométriques et couvra son chef d’un chapeau cloche.
La soirée s’annonçait animée et ce d’autant plus qu’ils avaient rendez-vous avec le fils cadet de Monsieur BUFFET CRAMPON!
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14:19 Publié dans chronique des années folles | Lien permanent | Commentaires (23) | Envoyer cette note
16.03.2012
ERREUR JUDICIAIRE( fin)
A TOULOUSE,AU SIECLE DES LUMIERES.
" Je ne mangerai pas des fruits de l'arbre de la tolérance que j'ai planté...mais vous en mangerez un jour".
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Comme il est agréable ce hameau de 200 âmes!
Le 4 avril, sachant où porter ses coups, Voltaire lançe la campagne de réhabilitation:
"Mes chers frères, il est avéré que les juges toulousains ont roué le plus innocent des hommes. Presque tout le Languedoc en gémit avec horreur. Les nations étrangères qui nous haïssent et qui nous battent, sont saisies d'indignation, jamais depuis le jour de la Saint-Barthélemy rien n'a tant déshonoré la nature humaine. Criez et que l'on crie."
Et il va ""crier"!
Il faut mobiliser l'opinion ? et bien créons une association:toute une infrastructure est alors mise en place;c'est une véritable ruche chargée de se procurer tous les documents afférents au procès.
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Il écrit sans relâche ,Voltaire, aux plus hautes autorités administratives.
Sa table est réputée aussi:il reçoit jusqu'à 80 convives;pour cette occasion,il revêt souvent un habit mordoré rouge avec des galons d'or cousus sur la veste.
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Il sait recevoir:les assiettes portent ses armoiries..
Il parle à ses convives de "l'Affaire CALAS".
A la fin du repas,les gens font la fête ,dansent, mais lui a mieux à faire:il se retire très vite dans sa chambre et écrit ,écrit sans relâche;il rectifie les mémoires des avocats qu'il a conseillés à cette courageuse Madame CALAS qui,sur ses recommandations, "monte" à Paris, elle qui n'avait pas franchi les portes de Toulouse.
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Voilà,j'ai pris un grand plaisir à établir les notes sur l'affaire CALAS et je tiens à vous remercier pour l'intrérêt que vous y avez trouvé, ce qui est gratifiant pour le travail que j'ai investi.
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"EPILOGUE"
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Des erreurs judiciaires,notre Histoire en est jalonnée.
Tout le monde se souvient de" l'Affaire d'Outreau", et de la comparution du jeune magistrat devant la commission parlementaire "ad hoc".
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A l'époque, vivement impressionnée par un certain "lynchage médiatique" ,j'étais intervenue sur le forum d'un grand quotidien et voici ce que j'avais écrit:
"Comment ne pas penser que l'inexpérience a été le moteur du comportement " déshumanisé" de ce jeune juge? Face à des avocats à la réputation avérée,à la pression médiatique,à l'assurance d'un procureur expérimenté et intelligent, il a caché sa fragilité intrinsèque d'homme derrière une autorité dont il n'a point contrôlé les excès.Je ne pense pas que son attitude était convenue au procès;il avait peur.Son émotion était réelle".
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Fragilité de la Justice....
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(les photos ,à l'exception du buste de Voltaire et du tableau " le repas des philosophes", sont extraites du livre édité à l'occasion de" Cinq Siècles de Justice à Toulouse").
13.03.2012
ERREUR JUDICIAIRE (suite2)
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Il fait froid en ce matin du 10 mars 1762 à TOULOUSE:Jean CALAS est revêtu d'une simple chemise qui ne le protège pas des morsures du gel.
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Il clame son innocence malgré les souffrances qu'il endure lors la question ordinaire ( par étirement) et extraordinaire (par l'eau).
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L'après midi,il est amené dans un chariot devant une église de Toulouse ; il tient entre ses mains une torche de cire jaune ,s'agenouille et doit demander pardon à Dieu au Roy et à la Justice.( pour un crime qu'il n'a point commis! petit aparté personnel)
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Sur la place Saint GEORGES,un échafaud a été dressé ;la foule, avide de spectacle morbide ,se presse.On entend le bruit que font les roues du chariot sur la rue pavée menant à la Place.
Le bourreau est là et se remémore les instructions énoncées dans l'arrêt de condamnation:il doit rompre les bras,les jambes et les cuisses du condamné.
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Jean CALAS est ensuite exposé sur la roue, la face tournée vers le ciel.
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..Il attend la mort qui mettra fin à son supplice;son confesseur le Père BOURGES est près de lui; il lui demande s'il n'a pas froid car lui a froid.Il lui fait même une requête:une des jambes brisées par le bourreau est repliée sur la roue et ces "tiraillements" (sic)le font souffrir atrocement.Pourrait-on la déplier?
L'exécuteur acceptera.
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Jusqu'au terme de ce supplice,Jean CALAS clame son innocence!!!Il demande que l'on pardonne à ses juges!!
Il expire enfin et son corps est brûlé sur un bûcher dressé sur la place.Les cendres seront dispersées au vent d'Autan.
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(A suivre)
16:14 Publié dans justice | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note
11.03.2012
ERREUR JUDICIAIRE(suite)
A TOULOUSE, AU SIECLE DES LUMIERES.
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Jean CALAS écrasé de douleur, défait le garrot étranglant Marc-Antoine;comme il le chérissait ce fils bien qu'il lui reprochât parfois de consacrer trop de temps à jouer au billard au détriment de ses études.
A la demande de son père,Pierre court prévenir un ami de la famille, à une centaine de mètres de chez eux dans le quartier de la BOURSE (aparté:où siège leTribunal de commerce à l'heure actuelle,place de la BOURSE).
Il faut agir vite,prévenir les hommes de Loi,mais surtout taire qu'il s'agit d'un suicide,sinon le déshonneur frapperait la famille!
Ensuite,il faut absolument prévenir le Capitoul ( magistrat)
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, son greffier,un assesseur.
Pendant ce temps au 50 rue des Filatiers
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un attroupement se forme;un fanatique affirme que Marc-Antoine devait se convertir au caholicisme le lendemain,un autre prétend qu'il est d'usaghe chez les parents protestants d'étrangler leurs enfants s'ils manifestent leur volonté de conversion;d'ailleurs Gaubert LAVAISSE,ce jeune étudiant bordelais hôte de la famille, n'est-il pas venu es qualité de " bourreau" pour accomplir ce rite?
Une passante a entendu des cris provenant de la maison:ce ne peut être que l'appel à l'aide de Marc-Antoine;une autre a entendu" Au voleur" alors qu'il ne s'agissait que du cri de douleur du père" Ah,mon Dieu".
et patati et patata ...
Alerté par ces clameurs, le Capitoul se vêt à la hâte et arrive rue des Filatiers avec 40 soldats.
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Deux médecins qu'il fait mander procèdent aux premières investigations médico-légales sur le cadavre..Aucune trace de meutrissures ne laisse présager qu'il y a eu lutte...
Ils ne prennent pas le temps d'établir un rapport écrit et communiquent le résultat de leurs investigations oralement.
Le Capitoul , négligent,considère que les quelques lettres trouvées dans la poche de la veste de Marc-Antoine sont des"papiers inutiles"!.Le fait que certains vêtements de Marc-Antoine soient soigneusement pliés et posés sur un meuble n'interpelle pas son attention!D'ailleurs il n'ordonne aucune perquisition!!!!!!!!!!
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Sur son ordre , toute la famille CALAS,la servante et le jeune Gaubert sont amenés à la prison du Capitole.
Il fait froid dans les cachots, seul celui des femmes est éclairé.
Jean CALAS, voulant taire l'acte suicidaire de son fils chéri, va parler de meurtre d'un rôdeur...ce qui le perdra!
En effet, comment un meurtre aurait-il pu se produire alors que la porte d'accès à l'immeuble était fermée à clef, et qu'aucune effraction n'a été constatée?le meurtrier ne pouvait dès lors être que...Jean CALAS.
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Le Capitoul,peu respectueux de la forme, rédige un procès-verbal qu'il antidate d'une journée!alors qu'il le rédige en présence de témoins à l'Hôtel de Ville,il prétend l'avoir établi chez les CALAS!!
Un "expert",qui n'est autre que le "bourreau"(!) se rend 50 rue des Filatiers accompagné du Capitoul et de sa " suite" pour vérifier s'il est possible ou non qu'un homme puisse se pendre aux deux battants de la porte du magasin..sa réponse est "non"!Il n'argumente pas, ce n'est pas son "fort".
le chirurgien LAMARQUE,dans un de ses rapports écrits,va jusqu'à prendre l'oeil droit pour l'oeil gauche.
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Autant d'invraisemblances...
Le Parlement se saisit de cette affaire ,
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12:30 Publié dans justice | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : calas

























