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13/05/2012

La chevrière

Nous étions prévenus:il ne fallait surtout pas enlever la chaîne délimitant l'accès au gîte qui se trouvait sur l'itinéraire suivi par la chevrière;ses chèvres en effet, d'humeur vagabonde,pouvaient investir la propriété, s'installer sur les murets bordant le bois.

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(le gîte)
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Le lendemain de notre arrivée, à l'aube ( j'exagère...un peu plus tard..) nous entendîmes des bêlements ponctués de " Mila Dius"Mila Dius" ( Mille Dieu):une voix très affirmée où s'exprimait toute l'autorité ( controversée d'ailleurs par le troupeau), d'une femme trapue...,de plus de 80 ans, vêtue comme un homme.

Elle vivait à 500mètres de chez nous..enfin.."ils" vivaient car la maison était une véritable arche de Noé.

Je n'en croyais pas mes yeux, je remontais le temps devant un tel spectacle:dans la rue, devant la maison, une dizaine de coqs poursuivis par des poules hardies;c'était un va et vient incessant  de chevreaux ,de chats,de canards qui franchissaient le seuil.Et tout ce petit monde vivait heureux.Pas de voisins:impossible tellement l'odeur de toute cette ménagerie imprégnait la rue pourtant bordée de très jolies maison de pierres ,abandonnées aux glycines,ronces, dissuadant tout investisseur potentiel.

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(dessin de l'amie Virginie)
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J'ai pu savoir que l'hiver, la chevrière dormait avec ses canards, que le Maire du village l'avait "déplacée "quelques temps pour " assainir" la maison en faisant notamment installer une douche qui...dès le troisième jour de son installation, servait de mangeoire pour les animaux!On m'a raconté qu'un soir d'hiver, elle s'était résignée à appeler le vétérinaire car le bouc qu'elle chérissait était tombé sérieusement malade.Le vétérinaire donnait peu de chance de survie à la bête mais il fut conseillé de la maintenir au chaud.

La chevrière se blottit la nuit contre l'animal:ce remède sembla redonner de la vigueur car le lendemain, le bouc fut guéri.

 

 

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limogne ete 2008 018.jpg

 

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(à proximité du gîte)

Commentaires

Superbe,! J'imagine fort bien cette femme dans sa maison, vivant comme on vivait PARTOUT autrefois, rentrant les bêtes le soir par peur des renards ou des voleurs.
Et j'ai connu deux soeurs faisant la cuisine à l'âtre, vivant à la lampe à pétrole, partageant leur table avec les poules et le cheptel. La pièce à vivre était carrelée de grosses dalles calcaires de la taille d'une table de jardin, couvertes d'une couche noire et âgée.
Il y a 40 ans de cela, et vous êtes témoin vraisemblablement des dernières images d'une façon de vivre qui va disparaître en France à tout jamais.
La guérison du bouc est savoureuse.

Mais si vous avez une bobo, évitez le remède!

Bonne soirée; j'ai bien apprécié.

Écrit par : christian | 07/08/2006

Personnages d'un autre temps mais qui vivent encore dans nos campagnes profondes...

Écrit par : dmerlen | 07/08/2006

Ton histoire est savoureuse, puis-je dire...elle sent sa campagneprofonde à plein nez...

Il en existe des modèles de ce type dans qq villages un peu reculés, bien loin des...Tours de la Défense ...et des gens dits très civilisés...

Bonne nuit à cette brave dame, à ses chèvres, ses poules, chats et chiens....

Bonne nuit............Hélène

Écrit par : hélène | 07/08/2006

Pas ennuyé du tout...Au contraire !

D'ailleurs, des histoires de ce genre, j'en ai quelques unes "au chaud"...
La mère aux chats, la Lalie Baguette, Gayeux, Gribiche, Porchinou...et peut-être d'autres que j'ai cotoyés dans mon enfance...

Il va falloir que je me mette au boulot un de ces jours.

A bientôt...

Écrit par : Crabillou | 07/08/2006

bonjour Elisa

bien jolie ton histoire ,
elle méritait que tu la racontes

merci à toi
belle journée

agathe

Écrit par : agathe | 08/08/2006

en france, il y a encore quelques personnages qui vivent comme ette "chevrière" . sans confort, sans luxe, sans besoin, sans hygiène, sans contrainte .. mais ne sont ils pas les plus heureux dans leur arche de Noé ???

Écrit par : michka | 08/08/2006

Incroyable mais vrai ... HISTOIRE EXQUISE.. Ah la chevrière si je l'avais rencontrée...j'aurais taillé la bavette ? bises de miche

Écrit par : miche | 09/08/2006

Coucou Betty !
Un lieu , une autre époque , à notre époque vivre comme cela est bizarre . le dessin de ton amie Virginie est superbe .
Gros bizoux et à plus de te lire !
Françoise

Écrit par : françoise la comtoise | 12/05/2012

Bonsoir Betty

Nous avons au village une chevrière, ou plutôt un couple de chevriers, Marie Hélène et Thierry. Le père de Marie Hélène, en plus des vignes et des cultures, élevait des sangliers dans un parc, les transformait en jambon et victuailles.
Thierry était chauffeur routier, toujours au loin. Il rêvait de calme, d'ancrage et lorsque un jour ses copains lui demandèrent ce qu'il ferait à sa retraite, il répondit en riant qu'il élèverai des chèvres. Par plaisanterie, ses potes lui offrirent en cadeau d'anniversaire pour ses 40 ans deux belles biquettes. Qu'en faire dans un appartement ??? Il les mit en pension, ne pouvant se résoudre à les faire tuer.
Le père de Marie Hélène tomba malade demanda à sa fille de revenir veiller sur lui, ce quelle fit. Elle avait peur des sangliers, rechignant à rentrer dans l'enclos avec les gamelles de nourriture quand des dizaines de groins la bousculaient. Le malade semblait se remettre quand une deuxième attaque l'emporta. Marie Hélène se devait de reprendre l'exploitation, et son mari accepta de l'aider. Les sangliers furent vendus et remplacés d'abord par les deux chèvres, puis par huit autres et un bouc. Elles sont 24 plus un maintenant. Il faut voir comment Thierry est devenu le meneur de cette harde, comment il parle de ses pensionnaires, traités en douceur. Il connait leur travers, leur filiation et les affinités de chacune. Avec Marie Hélène, ils traient à la main, soir et matin et transforment sur place tout le lait en fromage.
Les fromages frais sont célèbres à des kilomètres à la ronde, nous en faisons une grande consommation. Mais je ne vois pas Marie Hélène garder le bouc dans son lit !!!!!
D'ailleurs, il n'a pas cette odeur forte qui fait dire dans tous les livres qu'un bouc pue !!! Il est séparé des chèvres dans son enclos privé, et si je peux rentrer au milieu des 24 paires de corne, je ne me risquerai près du bouc...

J'ai relu avec plaisir l'histoire de te chevrière, et je peux te dire qu'elle m'avait suffisamment marqué pour que 6 ans après, j'aurai pu en écrire les grandes lignes assez fidèlement.

Tu as donné à la vie du Causse assez d'épaisseur pour que nous nous en souvenions !!!!

Bises du grillon

Écrit par : Christian | 12/05/2012

C'est du ZOLA rural, ce personnage... patiné par Victor HUGO !
Entre les chèvres et la chevrière, on se demande de qui le bouc est tombé amoureux...

Bises Betty, et content de ton retour.

Écrit par : Serge ® | 12/05/2012

Une belle histoire d'il y a cinquante ans sans doute. Mais, peut-être est-il possible qu'il existât encore, dans le fin fond de nos campagnes un mode vie tel que celui-là.
Une petite note de temps en temps et Betty nous revient.
Bises.
Pimprenelle.

Écrit par : vent du sud | 12/05/2012

tu as bien fait de publier de nouveau cette belle note rurale: le coq poursuivi par les poules hardie,s voilà qui n'est pas d'actualité ...au contraire!
bises

Écrit par : henri | 13/05/2012

Qu'il doit faire bon ce matin, à côté du gite, on doit respirer l'air léger des Causses, entendre le bruit des feuiiles des buissons aux alentours, mais pas de chevrière à l'horizon, car c'était un"monument" historique du coin...l'histoire se relit avec joie.


Bises Mamina Hélène

Écrit par : hélène | 13/05/2012

comme un arche de Noé terrestre
quelques traces d'un passé récent
un monde qui change !
amitiès

Écrit par : ventdamont | 13/05/2012

Ici dans la profonde ardenne une femme vit encore un peu comme cela
Elle est heureuse je pense mais elle dérange beaucoup les alentours
Bonne soirée Bises Brigitte

Écrit par : fleurbleu | 13/05/2012

J'ai lue cette note avec plaisir , chacun imaginant la chevrière à sa façon .
Les animaux étaient devenus sa famille !
L'histoire du bouc n'est pas ordinaire , mais elle a guèri l'animal !
Merci Betty et bonne journée ! Grosses bises ! huguette

Écrit par : macary huguette | 14/05/2012

Les commentaires sont fermés.

 
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