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25.06.2007

UNE HISTOIRE...

..DE CHAIRE..ET DE VENT...


podcast

(CD "original" d'une amie qui joue dans une Harmonie amateur.J'aime bien)

 

 

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Le dimanche matin la place du village s’animait avant que les cloches ne carillonnent, appelant les ouailles à la messe de 11 heures .

 

Mon regard était habitué à ces paysannes sans âge, vêtues de noir, comme si elles portaient le deuil de leur vie. Les veuves dissimulaient  derrière un voile de tulle sombre un visage où le temps avait creusé des sillons comme s'il  voulait inscrire l'histoire du dur labeur des champs.

Les hommes portaient pantalons de velours grossier, brun,retenu par des bretelles ou par une large bande de tissu ceignant la taille.

Curieusement ce petit groupe se scindait en deux après avoir franchi le porche de l’Eglise,obéissant à un rituel vieux de cent ans. Les hommes se dirigaient vers la droite et les femmes  s’agenouillaient à gauche sur le prie -dieu où des initiales matérialisées par  quelques clous dorés  sur l'accoudoir désignaient à chacun sa place.

Les enfants ,dont je faisais partie, s’installaient devant, près de l’autel, pour ne point échapper à la vigilance du bon curé DELMONT.

Celui- ci m’avait assigné une place au premier rang….car il ne voulait guère me voir échapper à son contrôle.J’avais alors une réputation de « garçon manqué » ; je parvenais à dissiper les âmes les plus vertueuses.

J’étais cependant ravie car j’étais à proximité de l’harmonium …

Le curé DELMONT avait gravi les quelques marches de l’escalier  menant à la chaire en noyer massif dont j’aimais la couleur chaude mettant en relief quelques visages de chérubins encadrant des saints agenouillés. ..oui, je l’aimais bien cette chaire. Mais je n’avais pas la même exaltation pour les homélies qui m’ennuyaient prodigieusement .

Aussi, je commençai à m’agiter dans le rang..donnant un coup de coude à ma voisine de droite, une enfant sage , fort sage (t’as compris Nic-nic ?NDLR :c’est la marraine de mon fiston)..que je parvenais à dévergonder .Je lui rappelai  ce jour de grand vent où la soutane , cédant aux caprices de l’autan, avait laissé entrevoir les caleçons du curé..dessous sacrés habituellement soustraits au regard des profanes!

 

Un fou rire irrésistible fut alors interrompu par une voix venue ,semble-t-il, du ciel : « Betty, tu sors immédiatement ». !

Un ton péremptoire m’intimait ainsi  l’ordre de traverser l’allée centrale.. Curieusement je n’éprouvai aucune honte malgré tous les regards" affectueusement "réprobateurs dirigés vers moi.

C’était un dimanche à la campagne, le temps des sandalettes blanches…..un jour de grand vent...

***

Vole, s'envole.....

*** 

A BIENTOT

 

BETTY




Commentaires

Ah là là ! quel roman nous pourrions écrire avec ces souvenirs d'enfance à l'église....

Je me souviens d'avoir vu le curé, en pleine élévation, se retourner mécontent pour sermoner les enfants de coeur qui avaient parié d'attacher ses lacents de chaussures ensemble à ce moment là précisément....

Et encore plus loin, ce vieux monsieur qui me racontait comment enfants, ils faisaient pipi dans le bénitier se étaient pliés de rire à voir la ferveur avec laquelle les "vielles du coin" s'aspergeaient abondamment en se signant....

Et encore....mais ...place aux autres....

Ecrit par : Anne-Marie | 25.06.2007

En voilà « un texte qu’il est beau », et cette fanfare locale qui l’accompagne nous rappelle à tous notre passé.
Vol, s’envole, nos souvenirs et nos amours d’enfance aussi.
Et nous n’étions pas tous des « enfants de cœur » n’est-ce pas Betty.

Ecrit par : mmu | 25.06.2007

Ton histoire est bien racontée et bien accompagnée par cette harmonie inconnue, mais jouant trés bien.
Bises.

Jean Claude

Ecrit par : Jérémie Ménerlache | 25.06.2007

Vole au vent, Bety au regard malicieux à qui n'échappe nulle malice du vent,
histoiire charmante , Nic Nic, a dû en vivre des vertes et des pas mures avec toi,et comme je plains tes chers pârenst d'avoir engendré une telle engence!
Tiens rien que pour toi, un souvenir de nos temps pas sages et sages...

Ecrit par : framboisine | 25.06.2007

Le curé de ma chapelle connaît le bon Dieu
Il le veille à la chandelle, lui parle un peu
Quand le Seigneur lui répond, le curé acquiesce
Et déguste son litron comme un vin de messe

Le curé de ma chapelle connaît le bon Dieu
Et si le bon Dieu lui parler et bien c'est pour le mieux
Et voilà notre curé en conversation
Caché derrière l'autel, Je lui réponds
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Monsieur l'curé n'veut pas
Que les gars embrassent les filles
Mais il ne défend pas
Que les filles embrassent les gars !
Monsieur l'curé n'veut pas
Que les gard embrassent les filles
Mais Monsieur l'maire a dit
D'les embrasser malgré lui !
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Un jour il m'a pris fantaisie, c'est d'aller à confesse
C'est d'aller à confesse au cu- au curé de Terrebonne

Réjouissons-nous, chantons maluré, magnificat aux vêpres
Le curé de terrebonne m'a dit : " qu'avez-vous fait mignonne ? "
Mon père le seul péché qu'j'ai fait c'est d'avoir aimé z'hommes
réjouissons-nous......
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çà me rappelle des séances de prêchi-prêcha d'avant ma communion parce qu'après j'ai pris la tengente.....
bisous
ANNIE

Ecrit par : MAMINIE | 25.06.2007

J'adore Betty - c'est très bien conté et tous ces petits détails, bretelles, voilettes, reviennent comme par un grand coup de vent.
Même le coup de coude je n'ai aucun mal à l'attribuer à cette petite gamine de la photo. Tu as dû faire rire plus d'une sage petite camarade. Bises. Monique

Ecrit par : monique-âne | 25.06.2007

ça me rapelle des souvenirs aussi. Mais moi au lieu de faire rire, je me trouvais mal régulièrement et finissais à la sacristie.

bises

Ecrit par : roro | 25.06.2007

Pareil chez moi, sauf que les femmes se plaçaient à droite, et les hommes à gauche.

Le curé ne montait pas en chaire chez nous, car de chaire, il n'y en avait pas !
Il se mettait face au public, et je me souviens de ses sermons comme si c'était hier...C'était hier.

Bisous...

Ecrit par : Crabillou | 25.06.2007

que belle blog!
je ne parle pas français... lamento.
bj
Laura

Ecrit par : laura | 26.06.2007

on a tous connus des histoires un peu similaires dans les églises de nos campagnes . Notre jeu favori était de dénicher la clef du clocher et de se pendre à la corde des cloches en pleine journée . Tantot les cloches envoyaient dans la nature des sons joyeux .. ou au contraire le glas !! tous les gens sortaient pour voir ce qui se passait et on prenait de ces roustes !!! (surtout par le curé !!) mais on s'amusait bien .

Ecrit par : michka | 26.06.2007

Il y aurait de quoi conter sur nos enfances " Betty" !
Je me souviens qu'avec mes copains d'alors, nous prenions un malin plaisir le soir venu, aux vacances d’été, d'échanger les pots de fleurs, bancs et accessoires divers des habitants de notre village.
Le garde champêtre veillant au grain, nous étions pris quelquefois, faute d'avoir commis l'acte défendu dans notre propre famille. On ne se refait pas.
Bonne journée, gros bisous.

Ecrit par : mmu | 26.06.2007

Dévergondée ! Au confessionnal tout de suit s'il te plait ! tu me fais rire... Comme tu écris bien ! mais ce n'est pas une découverte... Continue § Je m'installe dans ta bibliothèque chaleureuse et j'écoute sagement... Bises de miche

Ecrit par : miche | 28.06.2007

Bonjour Betty,


Quels sont nos enfants qui peuvent encore raconter des histoires comme les tiennes ? Du lacher de hannetons à la volée de cloches, du vin de messe remplacé par du marc de raisin, bien des bétises nous ont fait grandir.
Je vois que tu étais aussi espiègle et vivante que maintenant ! Et tu sais bien garder ton regard d'enfant.

Bises du grillon

Ecrit par : christian | 28.06.2007