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18/03/2008

LE FIGARO...

..de LIMOGNE!

 


podcast

 

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medium_nana.2.jpg
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( "Gaston et Nana".Photographie de Michel PINEL,un enfant de LIMOGNE devenu photographe professionnel talentueux prêtant son concours à des magazines:ELLE,,MARIE-CLAIRE etc- expos à l'étranger-galerie à BRUXELLES-
Vous pouvez visiter son site en allant sur  GOOGLE et en tapant Michel PINEL).)
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Elle s'appelait NANA et lui GASTON,surnommé "TONTON" ( toute ressemblance avec....).
Ils tenaient boutique  face au petit magasin bleu..
HUIT LETTRES méticuleusement peintes par un artiste "du coin", appliqué, consciencieux.  se découpaient sur la façade d'une petite devanture
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COIFFEUR
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La porte semblait avoir été "taillée" à la dimension de son  propriétaire ( qui était à peine plus grand que moi..),de telle sorte que les hommes -il s'agissait en effet d'un " salon" pour hommes-devaient courber l'échine pour accéder à l'intérieur.
J'accompagnais de temps en temps mon père et, je dois l'avouer,ce lieu quelque peu singulier me fascinait: dans une pièce de 12 mètres carrés environ, deux fauteuils à pivot avec appuie- tête et accoudoirs ,qui me semblaient énormes et "barbares" ( je devais avoir 6 ans) faisaient face à une immense miroir s'étalant sur toute la longueur du mur;devant, un  long "comptoir" en marbre gris supportait des rasoirs comme celui-ci
medium_nana1.2.jpg
(photo "maison")
,des sortes de pinceaux ,courts au poil ras ( j'appris que ces objets curieux étaient des blaireaux).

 
"Tonton" officiait en maître barbier-coiffeur : revêtu d'une blouse blanche,il appliquaitune " barbe de père Noël"  sur le bas du visage de ses " patients";j'appréhendais toujours le moment où la fine lame parcourait les joues de mon père.
J'attendais assise sur l'une des deux banquettes de cuir noir, craquelé par endroits, se faisant face.Je regardais la façon uniforme qu'avait Tonton de transformer la tête de ses clienst:la coupe ,sur la nuque,s'arrêtait net à l'horizontale, dégageant un cou rasé..c'était vraiment étrange..
Nana, en parfaite assistante, lavait la tête de ces messieurs,pour la plupart des agriculteurs venus au village ( les jours de marché aux truffes,il y avait affluence).Invariablement, Tonton, avant de passer la " tondeuse" posait la question rituelle: "je vous les coupe un peu sans trop"?
Je me souviens avec précision d'une sorte de friselis métallique que faisait la tondeuse en courant sur le crâne des clients.
J'étais soulagée quand un autre instrument en forme de poire libérait une brume sur le visage fraîchement rasé du pt'tit Marcel.
Nana ,qui remplissait aussi la fonction de caissière ,faisait alors sonner au fond du tiroir  les quelques pièces venant "récompenser" l'oeuvre de FIGARO.
Je prenais,rassurée, la main de mon père...
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C'était un jour comme les autres à la campagne.
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BETTY

Commentaires

C'était un jour comme les autres,mais tellement bien raconté ma Betty.bises froides du Forez

Écrit par : heraime | 18/03/2008

Oui , un vrai plaisir Betty ,, on vit ces moments , on entre avec toi chez Gaston , pour le voir dans ses oeuvres , raser la barbe , couper les cheveux ! tu peux continuer et nous raconter la vie en Limogne , d'hier et d'aujourd'hui , ça nous plaît bien ....
Le coiffeur de chez nous faisait aussi " auto- école " , avec une quatre chevaux , c'est lui qui m'a appris à conduire , il y a 50 ans et plus .... !!
Le temps passe vite !!!!!
Bisous et merci ! huguette

Écrit par : macary huguette | 18/03/2008

Tellement vrais...je les revois tout à fait, assis sur le banc, le soir devant la porte de leur boutique, et aussi leur mini-cuisine qui était un modèle du genre nomade, et où j'aimais aller pour la voir confectionner sur un réchaud à un trou des"fricassées" comme elle disait, pour son Gaston, dans une ambiance de fumée ,malgré agréable, car il y flottait des relents de graisse de canard qui était sa matière grasse préférée!!!
Bref un couple qu'on ne peut oublier!!!!


Bises
hélène

Écrit par : hélène | 18/03/2008

J'apprécie ce genre d'écriture vivante. Merci

Écrit par : Charline | 18/03/2008

Très belle histoire Betty.
Elle avait beaucoup de chance cette petite fille...

Écrit par : anonyme | 18/03/2008

Nous, on allait chez Emile à Châtel.
Pendant que mon père se faisait couper les cheveux, je lisais "Le miroir des sports", et je découvrais les géants de la route, Bartali, Robic, Zaf...J'avais cinq ou six ans.
Après la coupe, on avait droit à une "lotion" je me souviens de la poire en caoutchouc, et de l'odeur de l'eau de cologne, du bruit de la tondeuse chromée, de la glace en face....je me souviens...

Bonsoir.

Écrit par : Crabillou | 18/03/2008

Comme c'est dit ma Betty ! on est là avec toi, on te suit partout chez le coiffeur, dans la boutique bleue.. que du bonheur à Limogne... des gens vrais, authentiques... ah comme j'aurais aimé être ta copine à c't'heure ! Là je vais aller me coucher. Comment as-tu su que je ne dormais pas ?? J'étais sur les e-mails... 232 ! c'est terminé. Je reprends le blog demain matin et j'irai chez toi en me levant, en pyjama. Je te souhaite une très bonne nuit. miche

J'espère que tu es couchée

Écrit par : miche | 18/03/2008

c'est vrai que : les merveilleux souvenirs éclairent
notre vie de tous les jours !!!!!!!!

bonne journée

Écrit par : marie-thérèse | 19/03/2008

Moi j'allais chez Paul Barichard à Montmarault (03) et pendant que ma mère faisait faire l'indéfrisable, je lisais Paris-Match sans Nicolas et Carla....
Mon pére lui, voulait toujours de la brillantine...Trop beaux tes souvenirs d'enfance.Bonne journée

Écrit par : Allier-née | 20/03/2008

"un peu sans trop"
délicieux, et si joliment conté
la plume de Betty court aussi allègre que le rasoir sur les joues de son père,
Merci pour ces souvenirs qui ravissent ceux qui les partagent avec toi, Françoise

Écrit par : framboisine | 20/03/2008

Bonjour Betty

Merci pour le plaisir que tu m'as donné à la lecture de ces lignes, empreintes de poudre à talquer et d'odeur du sent-bon des lotions capillaires. Tu cisèles les mots avec un vrai bonheur, et passe alors devant mes yeux la farandole des coiffeurs de mon enfance jusqu'à ceux exotiques rencontrés au cours de voyages lointains.
Humbles coiffeurs riches de confidences, fins connaisseurs des moeurs locales et jamais bien fortunés dans les villages.

Bises du grillon

Écrit par : christian | 20/03/2008

la tondeuse était redoutable; tout comme le rasoir qui '"achevait" le travail sur les tempes et derrière, dans le cou.
Depuis que je connais Roro, je ne suis plus entré dans un salon de coiffure...elle débrousaille de temps en temps
bises

Écrit par : henri | 21/03/2008

coucou ma belle... je suis revenue de ma virée nordique un peu en avance sur les cloches, mais faut ce qui faut demain c'est la fête pour le pay Miel et il n'était pas question d'être ailleurs. J'ai une envie de chanter en lisant l'histoire du Figaro de Limogne
Ell' s'était fait couper les ch'veux
Comme un' petit' fille Gentille
Ell' s'était fait couper les ch'veux
En s'disant ça m'ira beaucoup mieux
Car les femm's tout comm' les messieurs
Pour suivre la mode Commode
Ell's se font toutes
Ell's se font toutes
Ell's se font toutes
Ell's se font tout's couper les ch'veux....
avec un nnuage de brillantine Roja....
Bisous
ANNIE

Écrit par : Maminie | 22/03/2008

Les commentaires sont fermés.

 
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