logo Blog50.com
Blog 50 est un service gratuit offert par Notre Temps

18/05/2008

JEU (2)

"Son visage éclatant,à l'ovale très pur,se crispait,plus pâle que de coutume.Les bras étendus de chaque côté du corps pour maintenir son équilibre, il leva la jambe bien haut, au-dessus d'un menaçant trou noir,visant du bout de l'orteil une petite bordure jaune,de l'autre côté. Le second pas accompli, tendu, nerveux, il s'arrêta pour respirer.

L'étroite bande jaune,devant lui, avait au moins cinq mètres de long.Il prit son temps, avançant avec précaution, comme un funambule sur une corde raide. Cette bande se terminait, sur le côté, en arbesques qui l'obligèrent à enjamber un sinistre enchevêtrement de rouge et de noir. A mi-chemin, il trébucha , battant follement des bras, comme un moulin à vent, mais réussit à retrouver son équilibre et à atteindre la rive opposée. Là,il s'arrêta, essoufflé, pour prendre un repos bien mérité. Les muscles contractés par l'effort, il avait continuellement marché sur les pointes,les bras en croix et les poings serrés ,sain et sauf sur cette grande île jaune.Il était tranquille, sûr de ne pas tomber dans le vide. Que ce repos était agréable!Comme il aurait voulu rester toujours sur ce jaune rassurant,à l'abri du danger. Mais, troublé, soucieux,il voulait mériter le petit chien en allant jusqu'au bout.Quittant sa calme retraite,il se décida à reprendre le voyage.

Il avançait très lentement,s'arrêtant à chaque pas pour calculer l'endroit exact où poser le pied.A un certain moment,il eut le choix entre deux routes, l'une à droite, l'autre à gauche. Il préféra la gauche, plus difficile pourtant , parce qu'elle comportait moins de noir.C'est ce noir, surtout, qui l'effrayait .D'un rapide coup d'oeil ,il mesura le chemin parcouru.

Impossible de reculer maintenant,le plus difficile était fait,presque la moitié. Inutile de tenter une fuite en sautant de côté, le tapis était trop large.Non, il fallait continuer coûte que coûte . Mais devant tout ce rouge et ce noir qui lui restait à vaincre ,il fut pris de panique,la même folle terreur au creux de la poitrine que l'an dernier, à Pâques, quand il s'était égaré dans le coin le plus sombre d'un bois.

Allons, encore un pas.Il posa le pied sur le seul petit morceau de jaune à sa portée.Cette fois, à peine un centimètre le séparait d'un abîme noir.Non ,il ne le touchait pas ,il en était sûr, il voyait bien le mince filet jaune au bout de sa semelle.Pourtant, comme s'il avait senti l'approche de l'ennemi, le serpent ondula,dressa sa tête cruelle aux petits yeux brillants, prêt à mordre au moindre frôlement.

"Je ne vous touche pas! Il ne faut pas me mordre!Vous voyez bien que je ne vous touche pas! "

Silencieusement, un autre serpent se glissa près du premier,dressant lui aussi sa tête menaçante: deux têtes, deux paires d'yeux guettaient maintenant ce petit coin de chair sans défense,à nu, devant la bride et la sandale.L'enfant terrorisé, se hissa sur les pointes, et de longues minutes s'écoulèrent avant qu'il osât respirer ni bouger.

Le pas suivant était difficile, un vrai pas de géant.Il fallait franchir , en ce point le plus large, ce fleuve ondoyant et noir qui traversait le tapis de bout en bout. Essayer de sauter? Non, il n'était pas certain d'atterrir sur l'étroite bande jaune, de l'autre côté. L'enfant prit une profonde inspiration ,souleva lentement, lentement , la jambe, l'étendit le plus possible, très, très loin devant lui , l'abaissa petit à petit et posa enfin le bout du pied sur le bord d'une île jaune.Alors,il se pencha pour reporter en avant tout le poids de son corps et ramener l'autre pied,sans y parvenir.Ses jambes étaient trop ouvertes. Impossible de revenir en arrière. Il faisait le grand écart, il était coincé.Il baissa les yeux. A ses pieds, la profonde rivière noire et mouvante s'enroulait ,rampait, glissait,brillant d'un sinistre éclat visqueux.il vacilla,agitant frénétiquement les bras pour retrouver son équilibre, mais en vain.IL commençait à perdre pied.

IL inclinait vers la droite.Inexoravblement, il inclinait vers la droite, lentement, puis de plus en plus vite.Au dernier moment ,il étendit instinctivement  la main pour amortir sa chute .Il vit alors cette main nue s'enfoncer dans la masse grouillante ,d'un noir luisant.Il poussa un long cri d'épouvante.



Au-dehors , sous le soleil ,loin derrière la maison ,la mère était à la recherche de son enfant.

Commentaires

ça suffit ! j'ai de la peine pour ce pauvre gamin... ce n'est pas le tapis d'Ali Baba celui-là... c'est un tapis persan ou serpent... oh ! pas mal la miche... Qui va le relever ?
Dis donc, Betty, j'ai besoin de toi. Un individu qui passe son temps à jazzer a décidé de lancer à mes trousses une armée de visiteurs... Peux-tu voir s'il en a le droit dans tes articles du Code Pénal ? Je vais également m'adresser à mon syndicat d'Orléans... Bises à toi. miche

Écrit par : miche | 19/05/2008

j'aie déroulé ton blog jusqu'au bout, pour m'aperçevoir que : j'aie fais un beau voyage !
on reconnait l'amour d'une mère ,pour toute condition ; bravo ! de pouvoir nous montrer les ,beautées ,aussi la dureté, mais nous savons que celà fait parti de la vie ,comme ,si ,l'impossible existait .
une pensée pour eux !

Écrit par : marie-the | 28/05/2008

Les commentaires sont fermés.

 
Accueil Blog50 | Créez gratuitement votre blog | Avec notretemps.com | Toute l'info retraite | Internet facile | Vos droits | Votre argent | Loisirs | Famille Maison | Cuisine | Jeux | Services | Boutique