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03.11.2008
Le procès des.. (1)
FLEURS DU MAL
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"Et d'abord,j'en préviens les mères de famille,
Ce que j'écris n'est pas pour leurs filles,
Dont on coupe le pain en tartines".
(Charles BAUDELAIRE)
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Paris.Jeudi 9 Juillet 1857.
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"Vous savez que je n'ai jamais considéré la littérature et les arts que comme poursuivant un but étranger à la morale,et que la beauté de conception et de style me suffit.
Mais ce livre,dont le titre: -Fleurs du mal -dit tout,est revêtu,vous le verrez,d'une beauté sinistre et froide;il a été fait avec fureur et patience.D'ailleurs,la preuve de sa valeur positive est dans tout le mal qu'on en dit;le Livre met les gens en fureur..On me refuse tout,l'esprit d'invention et même la connaissance de la langue française.Je me moque de tous ces imbéciles,et je sais que ce volume,avec ses qualités et ses défauts,fera son chemin dans la mémoire du public lettré,à côté des meilleures poésies de V. hugo,de Th.Gautier et même de Byron."
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Voici ce qu'écrivait Charles BAUDELAIRE à sa mère,peu après la publication des " Fleurs du Mal". ( Extrait du livre:"Ma chère Maman. De Baudelaire à Saint-Exupéry,des lettres d'écrivains.")
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Bonjour à tous: j'ai décidé de me lancer dans une aventure qui m'effraie un peu,car je redoute les récifs...Ceux qui me liront y trouveront certes des maladresses de style ; j'essaierai ,autant que faire se peut ( cette expression m'amuse toujours) de respecter la chronologie. Il est possible aussi que la" Caravelle" soit encalminée -par manque d'inspiration-.
Mais si on ne prend jamais la mer,on ne connaîtra alors pas le rugissement des vents ,l'écume des déferlantes et l'accalmie des soirs de tempête.
Il faut que vous sachiez que je prends énormément de plaisir à éditer cette note sur le procès des Fleurs du Mal ; la justice a toujours été pour moi le miroir de notre Société, et le procès fait à ce recueil de poèmes l'illustre bien.
Et puis,je dois l'avouer, la personnalité de cet homme écorché vif que fut Baudelaire , excessif parfois, n'est pas pour me déplaire!
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OUi, Juillet 1857 ; 12 ans, voilà déjà douze ans qu'il a voulu en finir avec la vie
"Je me tue parce que je suis inutile aux autres et dangereux à moi même.Je me tue par ce que je me crois immortel et que j'espère..."
Il a l'âme égratignée aux épines de la vie et son corps, où" fleurit "( ça, fallait le faire:j'assume et ne retranche) déjà la Syphillis ,est fatigué.
Epuisé par ses déménagements successifs ,poursuivi par ses créanciers , enivré par le goût amer des paradis artificiels,peut être parti à la recherche d'un père qu'il n'a pas eu le temps de connaître , fuyant la "rigidité" du second mari de sa mère,le général AUPICK ,le poète brûle la vie ,
Il passe de nombreuses soirées avec ses amis au café Le divan de Peletier..mais comme ces migraines le font souffrir!
Peut être est ce dans cet état de "mâturité "qu'il écrit cette lettre du 9 Juillet 1857 à Caroline, sa mère.
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Avril 1857,plus que quelques mois et il éditera l'entier recueil de ses poèmes."Les Fleurs du mal"...il redoute les retombées.Nous sommes au Second Empire,l'hypocrisie des moeurs y a droit de cité. (on loue des garçonnières pour ses maîtresses...)
Avril,le général AUPICK meurt.,
Elle, sa veuve, va partir..oui, pas trop loin..enfin...c'est toujours trop loin quand on aime passionément sa mère :
HONFLEUR où séjournera le peintre paysagiste hollandais JONGKIND.
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