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03/03/2011

MONSIEUR BROCATO

 

 

Le café d’ORLANS était tenu par Reine et Camille.

 

« Café d’ORLÉANS » : pourquoi ce nom pour un bistrot venu s’échouer sur les Causses du Lot, à Limogne ? Je ne l’ai jamais su.

 

J’ai toujours été impressionnée par Reine. Peut-être était-ce  dû au timbre de sa voix, forte ,au ton sec semblant peu enclin à débiter des amabilités, ou à la coiffure sévère ,des cheveux gris brillantinés  rassemblés sur la nuque en un petit chignon?

 

 

Elle était vêtue d’une "robe tablier", dans des tons de gris, un lien ceinturant une taille un peu épaisse.

 

Reine :elle portait bien ce prénom ;elle exerçait en effet un  droit presque régalien sur la place du village.

 

Son mari, Camille,semblait tout droit sorti d’un film de WALT DISNEY Bien enrobé,il avait , au sens propre du terme, de l’estomac qu’un gilet de laine marron clair avait du mal à dissimuler.Des bretelles retenaient son pantalon en toile "bleu de travail". 

Ce qui le caractérisait par dessus tout, c’était la fleur qu’il portait à la bouche, du matin au soir, obéissant en cela au rythme des saisons : une violette, une pâquerette ou, en l’absence de floraison, un brin d’herbe verte.Sa tête était coiffée d’un béret.On pourrait dire qu'il avait la bonhomie de BALOO. 

 

 

Une fois par mois, le café qui s’animait le dimanche à la sortie de la messe et des vêpres, vibrait plus qu’à l’ordinaire.

 

Je prenais place avec mes parents et mes frères sur l’une des six longues banquettes en cuir, réparties de part et d’autre de l’allée centrale.Elles s’étiraient sur toute la longueur du café qui paraissait bien plus grand par le jeu des grands miroirs surplombant banquettes et tables de marbre.

 

Il régnait ces soirs là un vacarme joyeux que Reine, malgré sa bienveillant autorité, ne parvenait pas à calmer.

 

Elle distribuait, Suze, Guignolet Kirsch, Saint Raphaël.J’avais même droit, malgré mon jeune âge, à une reine claude à l’eau de vie (sans le jus !!).Ah !le goût de ce fruit que je dégustais avec un plaisir immense.

 

Puis le silence s’installait :monsieur BROCATO faisait son entrée.

 

De lui, me reste le souvenir d’un visage rond au teint mât,d’un crâne assez dégarni coiffé d’un béret curieusement posé presque à la verticale, sur l’arrière , comme une auréole !

 

Il transportait d’énormes valises (elles m’apparaissaient ainsi) d’où il extrayait des bobines où s'enroulaient des dizaines de mètres de "rubans" noirs..

A l’opposé de l’entrée, il avait installé un grand drap blanc faisant fonction d’écran (enfin..Il me semble qu’il s’agissait d’un drap).

 

Nous attendions  fébrilement cet instant où le film allait commencer.Très souvent, les séances étaient émaillées d’incidents ( erreur de bobines ….)et l’on entendait des «  ho » désappointés.

 

Oui, voilà ce que restitue ma mémoire ;je devais avoir 6  ans et garde  encore gravé le regard pathétique et magnifique d’Ingrid BERGMAN se consumant dans les flammes du bûcher

 

°°°

°°

 

 

jeanne-au-bucher-.jpg
***
 Cette note ,je la dédie particulièrement à mes amis d'enfance et aux membres de ma famille qui ont connu le "Café d'Orléans". 

 

.

09:52 Publié dans enfance | Lien permanent | Commentaires (5)

Commentaires

Bonsoir chére Betty
Magnifique souvenir que tu évoques là !Un trésor parmi d'autres certainement ...N'hésite pas à nous en partager encore!
C'est un vrai plaisir que de les découvrir ...
Mais tu avoueras que ce n'est pas banal d'assister au bûcher de Jeanne au café d'Orléans !Alors que c'est une ville qu'elle a délivrée des "envahisseurs "!
Je t'embrasse
Jacques

Écrit par : Jacques | 02/03/2011

Un souvenir de cet artiste, à sa manière, dont la rondeur du visage me rappelait Coluche...

l en a fait des heureux dans nos villages où les distractions étaient rarissimes, à part le bal des pompiers et la fête votive...Et puis c'est tout!!!!

Kisses zen du matin
Mamina
Hélène

Écrit par : hélène | 03/03/2011

Bonjour Betty, oui belle note, vous m'avez mis un très joli commentaire chez moi sur mon printemps des poètes, de vous en remercie, j'y avais répondu en vous remerciant et en vous offrant qq infos sur un bon livre de ppésies a acheter, et je vous avais "offert" un poème de Rimbaud
je vois ce matin que mon commentaire n'apparait pas ...??? c'était sur mon blog je vais re essayer de remettre mes infos pour vous
je fais un essai chez vous voir si mes écrits passent ???
Bonne journée et encore merci je suis heureuse d'avoir rencontrer une personne qui aime la poésie

Écrit par : Lady Chatterley | 03/03/2011

quel beau souvenir, pour moi c'est à l'école maternelle que j'ai eu la revelation de ce nouvel art et ma première émotion musicale, dans le preau de l'école on donnait "les préludes de Litsz "(que je ne sais plus écrire )un film racontant la vie de Roberto Benzi. J'ai toujours dans l'oreille la tocatta en fa qu'il reproduit en jouant d'oreille ...le café c'était chez la tante Yolande dans les Ardennes et là aussi il y avait le cinéma ...on y mangeait des crèmes glacées faites maison, (un seul parfum) par ma tante en été et on buvait du viandox (beurk) en hiver !
bises

Écrit par : josette | 05/03/2011

Bonjour ma cop
Que de souvenirs identiques avec toi ,c'est premiers fims en noir et blanc sur un drap tendu sur un fil de fer et ces grosses bobines qui devaient bien faire 40 cm de diametre .Ingrid Bergman en transe et des films de Pagnol ,des grands acteurs ,Jouvet Raimu et tant d'autres .bisous du Forez enfin sous le soleil.

Écrit par : heraime | 05/03/2011

Les commentaires sont fermés.

 
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