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14/09/2012

FRAYEUR...

 

tribunal 042.jpg

 (Cour d'Appel de Toulouse)

 

***

**

 

 

 

J’avais ouvert une catégorie justice que je décidais d’alimenter ,si je 

l'estimais opportun , en relatant un ou des évènements qui ont marqué 3O ans de vie professionnelle.

 

J’ai toujours aimé me lever dès potron-minet,à l’heure où les bruits de la ville sont encore feutrés et alourdis de sommeil.

 

Mon bureau se situait à proximité du jardin des plantes et c’était un vrai bonheur matinal,en longeant ses allées,  que de sentir les fragrances provenant d’essences fort variées.

 

Mon premier geste consistait à prendre un café et me laisser aller à ce début  dejournée voluptueux

 

J’avais l’habitude également, en arrivant,de regarder si dans la boite aux lettres ,un client pressé aurait déposé du courrier.

 

Depuis 3 ou 4 semaines,je relevais des lettres provenant d’un même individu dont je pensais qu’il était un  peu «  dérangé » :écriture saccadée,mots mis bout à bout sans sens défini,ruptures brutales de phrases qui devaient vraisemblablement terminer leur parcours dans sa tête.

 

Cependant, le ton changea peu à peu à tel point qu’il m’inquiéta ;l’auteur inconnu faisait allusion à l’épicier slave tenant une supérette au bout de la rue. »L’écrivain » me conseillait d’être prudente car cet épicier avait des casquettes nazi chez lui et des crânes de nazi dans les pots de fleurs de son jardin !

Dans une autre correspondance , il faisait allusion à 2 femmes portugaises habitant la rue qu’il estimait dangereuses ( on ne sait pourquoi).En fin de lettre,il était aussi question d’une « petite avocate blonde » (moi) et qu’il règlerait ses comptes.

 

Ce ton devenant de plus en plus menaçant je décidais d’en référer à mon Bâtonnier(notre chef) qui me reçut après avoir pris rendez-vous(protocole habituel chez nous).Je lui faisais part de mon inquiétude ce à quoi il fut répondu que nous avions choisi un métier à risques et que l’on s’exposait forcément à rencontrer des désiquilibrés,mais qu’il fallait «  distancier «  ces évènements.Je n’avais que quelques années d’expérience.,mais n’était pas convaincue de la teneur d’un discours faussement paternel,et prononcé sur un ton condescendant de surcroît.

 

Déçue,je reprenais la route demon cabinet .Le lendemain matin,fidèle à mes habitudes je dégustais le petit café et me livrait à le lecture du canard régional « La Dépêche du Midi »,m’intéressant à la vie de la cité rose.

 

Quelle ne fut pas ma surprise en découvrant la UNE ,toute la page écrite en caractère gras avec ce titre :Double meurtre dans la rue A.DUMERIL,2 portugaises abattues froidement par un jeune déséquilibré que la police a intercepté.Il n’a fait aucune résistance.

 

Je me précipitais alors chez le Bâtonnier,mais sans rendez-vous cette fois,ouvrant vivement la porte de son bureau et jetais le journal :avant qu’il ne l’ait parcouru il me dit avec le même ton condescendant que «  ce n’était pas son genre de lecture habituelle ».

Découvrant alors l’article, son visage blêmit et il me dit alors que j’avais eu beaucoup de chance !!

 

Depuis, je n’ai cessé de penser à ce jeune ,à ses souffrances,à la solitude ayant dû jalonner son chemin de vie.

 

Je referme le journal.

09:26 Publié dans justice | Lien permanent | Commentaires (16)

Commentaires

l'épicier et toi avez eu de la chance en effet!
ce déséquilibré a été dirigé en milieu psy, je suppose?
je ne dis pas ce que je pense de ton Bâtonnier
bises

Écrit par : henri | 12/09/2012

Moi je pense surtout aux victimes, mais c'est vrai , je ne suis pas dans la magistrature. Monique Ruiz

Écrit par : Monique Ruiz | 12/09/2012

Whaouh ...ça fait peur !!
bises

Écrit par : La Berrichonne | 12/09/2012

Un courrier bien inquiètant , qui aurait dù être pris en considération par le Batonnier !
Ouf , tu l'as échappée belle , tes craintes étaient justifiées , voyant le résultat de cette tragédie !

. Bises et bonne soirée ! huguette

ps : Mon com est a peine lisible , tellement il est minuscule !

Écrit par : macary huguette | 12/09/2012

En effet, tu avais de quoi t'inquiéter, vu la fin de cette histoire de lettres matinales. En effet cela fait froid dans le dos.
Ton bâtonnier, c'est à coup de bâton que je lui aurais présenté le journal.
Bises.

Écrit par : pimprenelle | 12/09/2012

Je pense qu'au lieu de l'intercepter, la police aurait dû le détruire sur place.
Sans sommation.
Comme elle a pris l'habitude de le faire.
Non mais !

Plus sérieusement, je pense que tu as dû avoir très peur...

Bises

Écrit par : Serge ® | 12/09/2012

dans mon passé d'infirmière psy j'en ai vu des cas comme celui là
Si on entendait leur souffrance on éviterait bien des drames déclanchant la souffrance d'innocens
Bravo au bätonnier Un bien piètre chef Bises du soir
Brigitte

Écrit par : fleurbleu | 12/09/2012

Coucou Betty !
Tu as dû avoir un choc en lisant ce journal c'est incroyable comme des personnes se font du mal en imaginant des choses et comme tu dis elles sont malheureuses mais faut savoir les écouter et souvent c'est trop tard . Bonne soirée et des gros bizoux comtois , Françoise !

Écrit par : françoise la comtoise | 12/09/2012

Malheureusement, il en court pas mal des gens déséquilibrés. Il est même parfois difficile de déceler leur déséquilibre. Il arrive qu'ils passent à l'acte sans crier gare. Dans ton histoire, ce meurtre aurait pu être évité si ton bâtonnier avait eu plus de jugeotte...
Bises
Geneviève

Écrit par : Geneviève | 12/09/2012

Quel âne ce batonnier, ton geste du jeté de journal était mérité o combien, il se croyait supérieur à toutes les rumeurs, son intelligence était donc très moyenne.

Je comprends ta peur rétrospective aprés ce drame. Mais combien de déséquilibrés sillonnent notre univers , combien devraient être soignés car leur souffrance intérieure doit être un enfer.

Une histoire à ne pas oublier.

Grosses bises
Mamina Hélène

Écrit par : hélène | 12/09/2012

c'est vrai qu'il est difficile de prendre au serieux toutes les menaces quand on exerce un métier à risques (quel metier n'en a pas) mais la prudence est necessaire dans toutes les affaires ou la souffrance entraîne un desequilibre .
le chef , bof, un encore qui fut promu pour pouvoir le degager de son poste sans problème. quand on aura supprimé la cause de mutatioon pour que les gens montent en grade on evitera la promotion d'incompétents pour qu'ils degagent d'où ils sont !
bises

Écrit par : josette | 13/09/2012

La preuve qu'il ne faut pas toujours prendre à la légère ce que ces individus " déséquilibrés" disent.....
Tu l'a peut être échappé belle.
Bonne journée Betty
Bisous
Anita.

Écrit par : anita | 13/09/2012

Tu as du avoir quelques sueurs froides dans ta vie et des menaces sans doute.Pas facile ce métier d'avocat.Bises de nous deux

Écrit par : heraime | 13/09/2012

Avec ton ancien bâtonnier, il n'y aurait pas grand monde en prison ! Une façon comme une autre de désemplir les établissements pénitentiaires... ?
Bonne soirée, bises,
Gérard.

Écrit par : CHAP | 13/09/2012

Bonjour

Comme toi, nous avons eu affaire à une jeune femme assez troublée qui n'avait pas hésité à se désabiller devant nous en hurlant des insanités à l'encontre d'une de nos filles. Tant le monde judiciaire que le monde policier nous ont déclaré que tant que cette personne ne venait pas à troubler gravement l'ordre public, rien ne serait fait ni pour l'aider, ni pour la surveiller. Et aucun juge n'a accepté de mettre sous tutelle cette personne sans un avis médical, alors qu'elle refusait tout examen, se disant superbement intelligente et équilibrée, alors que nous cherchions à lui nuire.

Je comprend ton trouble, et comme toi, je lis dans les journaux les crimes de déséquilibrés qui égorge des infirmières dans un hôpital ( à Toulouse aussi je crois) ou agresse des femmes dans un parc.

Tu as eu plus de chances que les deux portugaises passées pour pertes et profits dans notre société malade.

Christian

Écrit par : christian | 20/09/2012

Misère ma Betty ! la petite avocate blonde avait vu juste et l'autre gradé en a pris pour son grade, mais pas assez encore. Il a fait une faute grave, inadmissible : non assistance à personne en danger. Je le raye du Barreau. Il ne mérite que le mépris qu'il t'a porté en refusant de t'écouter... Ah ! que j'aurais aimé être défendu par toi si j'avais envoyé un pavé dans la tête d'un ...... Bisous ma grande. Contente de papoter avec toi.

Écrit par : miche | 21/09/2012

Les commentaires sont fermés.

 
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