28.11.2009
COIN LECTURE ...on ferme!
Ce n'est pas l'approche de l'hiver et la crainte d'avoir froid ( car la pièce est chauffée) qui m'amène à fermer les portes de la bibliothèque.
Les" adhérents"se sont faits moins nombreux et en ces temps de crise....tout'p'tit économie ...
J'avais créé cette rubrique pensant, naïvement ,que cette "pièce virtuelle" serait un lieu de partage.
Je "travaillais" les notes comme une élève à l'école veut remettre un bon devoir.
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Je me suis plantée, c'est tout.
Donc, je baisse le rideau.
Ce partage ,je le continuerai par mail, au téléphone et dans la réalité.
Mais je remercie encore ceux qui avaient plaisir à venir se réchauffer chez moi.
C'est une sortie de scène bien triste.
Ainsi va la vie...et la blogosphère.
Et n'oubliez pas : lire nous enrichit.
betty
18:39 Publié dans coin lecture | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note
COIN LECTURE
L'été a cédé la place à l'automne et la bibliothèque s'est enrichie de quelques ouvrages..
Ceux qui ont souscrit un " abonnement" à cette rubrique ( je les en remercie car c'est grâce à leur soutien que j'ai décidé de poursuivre)connaissent les itinéraires de mes chemins de lecture.
Lire,c'est un voyage,un voyage nécessaire que je commencerai avec le dernier ouvrage lu, des nouvelles ,"Les trois roses jaunes" de Raymond CARVER.
De lui, j'avais lu auparavant "Les vitamines du bonheur".
Transition aisée..mais quel bonheur de jeter de nouveau l'ancre dans cet univers:une écriture apparemment" facile",mais toute en retenue,faite de silences,de phrases elliptiques comme pour mieux effleurer la détresse des âmes,la solitude des gens qui sont notre miroir.
CARVER ne parle qu'à ceux qui savent lire dans l'écume de ses mots.
Raymond CARVER:un auteur américain que le cancer du poumona emporté bien trot tôt en 1988, et avec lui ces mots en attente "d'être."..Mais restent ses écrits..bouleversants.(Merci à Marie Madeleine qui m'a conseillé cette lecture).
Il venait,à 50 ans, d'intégrer la fameuse " American Academy of Arts and Letters".
Dominique, elle ,écrit et lit..beaucoup."Affinités électives" ( si le titre n'était déjà "pris) nous définiraient.Elle m'avait fait découvrir "Le coeur cousu" -qui a fait l'objet d'une note, un roman qui fut pour moi un choc.
J'avoue avoir eu du mal à orienter mes lectures après une telle émotion.jen redoutais la fadeur.
Ce "purgatoire" passé,j'ai donc, sur ses conseils,entrepris la lecture de " Quelqu'un d'autre " de Tonino BENACQUISTA.
C'est la rencontre, dûe au hasard, de deux hommes qui s'affrontent sur un court de tennis:ils se lancent un défi,se retrouver dans trois ans après être devenu..quelqu'un d'autre.
Défi envers soi,introspection à la recherche l'AUTRE,celui que l'on a "laissé passer" avec ses désirs,ses rêves.
"On ne devient pas pas quelqu'un d'autre impunément.On risque pour le pire et le meilleur de se trouver soi-même"..
Faîtes connaissance avec Thierry BLIN,l'encadreur " désabusé",
"Il hésita un long moment entre Décès et inventaire.Par superstition il évita le premier sans se résoudre au second et griffonna au marqueur " fermeture exceptionnelle".L'exceptionnel,c'était cette curieuse sensation de liberté en accrochant l'écriteau..Il venait d'accomplir un acte révolutionnaire,de bousculer l'ordre établi.Si anodin soit-il,ce " fermeture exceptionnelle" était une onde brouillée dans la transparence d'une vie entière,un secret qu'il ne pouvait pas partager,un mensonge public."
et de Nicolas GREDZINSKI:
"Ce n'est pas tant le fait que je boive qui vous inquiète,les résultats sont bien meileurs depuis que j'ai,pris la tête du service....Le problème c'est qu'il faut se défaire d'un homme qui n'a plus peur.Le Groupe ne peut pas admettre que l'on n'ait pas peur de quitter le Groupe.Même si elle est efficace, mon indépendancce est insupportable.Vous êtes comme les dobermans, vous sentez la peur chez l'homme.Par exemple, là, tout de suite,dans ce buureau, vous sentez que je n'ai pas peur de vous,ni de vos décisions..Sous vos airs de gentleman,vous regardez les salariés avec un message très lisible:il fait froid dehors.Il fait froid hors du Groupe,et tout le monde peut se retoruver dehors du jour au lendemain,même un Bardane qui se croyait intouchable.Moi, je n'ai plus froid..."
Installez-vous et savourez maintenant (Monique,"l'habituée" de ce petit cercle virtuel, es- tu assez confortablement assise sur la première marche de l'escalier?).
Lui, il est difficile de le définir,car définir la poésie est une " entreprise dans laquelle je ne m'aventurerai pas:je la ressens,un point c'est tout.
Lui, c'est Christian BOBIN, et sa biographie si émouvante de la poétesse Emily DICKINSON:"La dame Blanche",blanche parce qu'elle était toujours vétue de blanc.Je me tais, écoutons:
"Higginson ne peut répondre.Il n'a jamais imaginé que la poésie puisse être une affaire vitale,l'apothéose de toutes lucidités,l'arrachement du bandeau que la vie met sur les yeux des vivants pour qu'ils n'aient pas trop peur à cet instant dernier qui est chaque instant passant".
Et maintenant,pourquoi pas "Un Soir au club"..ça vous dit? c'est le titre du roman (prix du livre Inter 2002)de Christian GAILLY,l'histoire d'un ancien pianiste de Jazz de renommée internationale rentré dans le moule d'une vie conjugale et professionnelle "banale"et qui ,à l'occasion d'un rendez-vous professionnel ,se retrouve le soir dans un club..drogue du jazz, drogue de l'amour ,de l'alcool.L'ambiance est parfaitement décrite.( Message personnel:Tu devrais le lire,Henri).J'ai beaucoup aimé et ne me suis pas ennuyée une seconde.Au départ, le style déroute (style " parlé",mais là est tout le travail de l'écrivain,un des plus délicats)
Scoop qui n'en est plus:un film vient de sortir ces jours ci qui est l'adaptation du roman( les critiques sont divisées)
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Les "B I" (" Bobo Intello"-Je revendique l'AOC-)de certains forums ( vous ne les empêcherez pas de sévir) se regardent écrire:
"J'irai cracher sur Nos Tombes", ( allusion au célèbre film) .
Voilà l'accueil qu'ils réservent à Amélie NOTHOMB..Et bien moi, je ne crache pas..J'aime son humour et son intelligence, même si ses romans sont inégaux.Le dernier paru,"Le voyage d'hiver"(titre emprunté à une oeuvre de SCHUBERT):rencontre de trois êtres, trois personnalités aux prénoms"impossibles ",Astrobale,Aliénor,ZoÏle,sous les mansardes glacées d'un immeuble parisien:un agent dont le métier consiste à apporter aux gens des "solutions énergétiques qu'ils n'ont pas demandées",un écrivain et son interface-garde malade.Suspense sur fond d'histoire d'amour.Vraiment très original,de lecture facile.
"Tomber amoureux l'hiver n'est pas une bonne idée.Les symptômes sont plus sublimes et plus douloureux.La lumière parfaite du froid encourage la délectation morose de l'attente.Le frisson exalte la fébrilité.Qui s'éprend à la sainte Luce encourt trois mois de tremblements pathologiques.Les autres saisons ont leurs minauderies, bourgeons,grappes et feuillages où engouffrer ses états d'âme.La nudité hivernale n'offre aucun refuge."
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Jouer avec les mots, jouer avec les sons:"Le grand bêtisier des mots" de Claude Gagnière,( j'ai de précieux conseillers pour mes lectures..lire c'est aussi échanger,s'enrichir de ce qui nous manque...c'est abyssal!!!mais j'aime les pertes d'équilibre!).
Ne vous méprenez pas:ce bêtisier là n'a rien à voir avec les inepties télévisuelles qui empruntent ce titre.
L'auteur est un érudit et nous emmène avec humour sur le chemin de l'histoire des"à peu près",des calembours.
"Victor HUGO ne détestait pas les calembours.Lapreuve, c'est qu'il ne cessait d'en faire,avec plus ou moins de bonheur.
"Le calembour est la fiente de l'esprit qui vole"( réplique d'un personnage des" Misérables :"Loin de moi l'insulte au calembour!Je l'honore dans la proportion de ses mérites!)
Vous avez entendu parler de Willy,oui...le Willy du grand écrivain Colette.
"Au début de sa carrière ,Willy fut chargé de tenir la rubrique des concerts dans la revue "Art et critique".Après un concert de la chanteuse Lilie Lehmann et de Kalish,son mari,le bref commentaire de l'ouvreuse fit s'esclaffer les lecteurs!
"Nous avons avalé le Kalish jusqu'à Lilie!
"La rue meurt de la mer .Ile faite en corps noirs"(La rumeur de la mer,il fait encore noir).
Jean COCTEAU
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C'est la fin d'une longue note...d'un voyage au sein de ma Bibliothèque.
Sur ma table de nuit,"Trois femmes puissantes " de Marie NDIAYE,des nouvelles de Joyce CAROL OATES et tant d'autres qui alimenteront le prochain "Coin lecture".
µµ
Et vous, que lisez-vous?
N'oubliez pas l'interactivité.
09:19 Publié dans coin lecture | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
02.09.2009
COIN LECTURE" HORS SERIE"
o
ou...ma rentrée littéraire.
Mais comment font-ils?
Oui, telle est la question que je me pose.
Contractuellement, ils " assurent"..chaque année.
L'imaginaire est-il cependant du ressort du contrat? j'en doute...
Et pourtant,vous les verrez tous alignés sur les starting block des libraires.
Je ne vous parlerai pas d'eux, mais du diable,car lui,il s'est posé quelque part.
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Pour vous,une petite mise en bouche:
L'enfant parle de l'entreprise de son père:
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"C'était une manufacture.
A la maison,on avait toutes les pinces ratées.Les tordues, les écartées,les montées à l'envers,les trop vissées,les déviées,les loupées.On s'en fichait.C'était l'usine de mon père.Si on avait voulu,on n'aurait utilisé que des belles.Mais c'était l'habitude.
Chaque fin de semaine à dix- huit heures quinze, tous les ouvriers se voyaient distribuer le rebut,juste avant de monter dans le car qui les raccompagnait.Conducteur ou scieur,magasinier ou visseur,chef ou pas chef.Tous.
Le résultat,c'est que le village entier voyait son linge pendre de guingois.Pas une seule maison n'y échappait et les jardins passaient pour des dessins d'enfants dont la main hésitante n'aurait pas encore mesuré ni la géométrie dans l'espace ni la perspective.."
Un " peu"de Moussa dit Momo:
"Momo ne savait rien du paysage,il n'avait pas le droit de regarder."Alors,me disait-il,je sentais le chemin".
Son père lui avait révélé qu'il existait plusieurs façons de voyager.Selon les moyens de chacun.Soit on était assis à la place du passager et on avait le droit de contempler le paysage,soit on se déplaçait en clandestin et là, on avait payé pour se taire et se faire oublier.La famille de Momo était de la deuxième catégorie.Elle venait de GETH,un village du nord de la Mauritanie.Deux endroits ignorés à ce jour."
Une des "personnalités"
"Momo redoutait deux choses dans la vie:la Poularde et les camions.
La femme aait hérité du sobriquet dans toute la région,sans qu'on sache comment.Le fait est qu'elle avait les fesses en arrière et que sa cambrure profonde déplaçait le centre de gravité de son coprs vers l'avant,accentuant le déhanchement de sa démarche.Mais ce n'était pas la vraie raison.
En réalté, elle avait une malformation des pieds qui l'obligeait à à marcher en pédalant un peu.C'est là qu'avait jailli dans nos esprits malins l'idée de la Poularde.Il n'y avait pas eu d'inventeur entre Momo et moi.C'était venu comme ça.Ce jour là,elle s'était dirigée vers son champ en balançant les membres un peu de gauche à droite,elle s'était arrêtée puis elle avait déroulé lentement les chevilles avant de les poser à terre .Mais c'est uniquement quand elle a commencé à gratter le sol,comme une poule qui cherche son ver,qu'on avait entamé le délire des mots.."
L'arrivée à la préfecture pour la "régularisation" est une véritable délectation:
"Au centre était assise une grande dame brune avec un chignon tiré sur la nuque qui,de sa chaise fixée sur un trépied à roulettes et selon les demandes qui lui étaient formulées,virevoltait dans un espace circulaire en se propulsant d'une simple poussée du pied sans jamais descendre de son engin.
Nous étions des prétextes à ses circonvolutions et plus les requêtes des impétrants étaient compliquées,plus elle tourbillonnait,dominant la distance avec autorité et grâce.Cela devenait beau.
Les gens qui patientaient ne se présentaient pas pour les mêmes raisons.Elle le savait pertinemment et pour plus de facilité dans son déplacement-peut-être même dans sa chorégraphie-elle avait installé deux immenses flèches,en bois blanc pour séparer le trajet. "Français"d'un côté."Etrangers de l'autre.
Comme on était mélangé avec Momo et mon père,on s'est avancé" tous ensemble vers elle."
Et ce moment de grand lyrisme pour parler du silence après le "drame" ( que je ne dévoilerai pas):
"Le silence était lourd.Pesant.Epais.Il faisait mal.
J'aurais voulu un son,un grincement de planches,un claquement de porte,un crissement de feuilles,le chuintement du vent.Juste une note qui empêche le vide de la peur, cette béance qui emplit curieusement la tête comme l'air d'un ballon,laissant les idées, les pensées et les mots s'installer sourdement sans qu'aucune limite ne puisse les surprendre,les brusquer,les fracasser et les sortir du délire des limbes,celles qui insidieusement abandonnent au cerveau délivré de raison,le images visqueuses,collantes et déformées du jour,jusqu'à en imprégner le rêve,triturer le symbole et construire enfin, avec cynisme et vice,le cauchemar et le fantasme."
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Voilà j'arrête;j'aurais bien aimé marquer un penalty car la relation des matches de football dans les villages est extraordinaire( de l'humour, de la précision:les vrais footballeurs lecteurs se reconnaîtront!).Mes frangins auraient vraiment apprécié!
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Un dernier mot sur "Elle": Dominique a exercé la professiond'avocate comme un sacerdoce..elle l'a interrompue un moment pour passer une maîtrise d'histoire de l'art.
Pourquoi? Pour que les plus démunis aient accès à la culture par son intermédiaire.
C'est une sacrée bonne femme, un sacré messager.
Je t'embrasse Domi.
Betty
"
10:22 Publié dans coin lecture | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note
16.05.2009
COIN LECTURE(suite:réponse à vos com......)
Merci d'être venus vous installer chez moi..Je vous réponds individuellement ( la présentation de mes réponses fait un peu " fouillis"...).
Il est parfois des désagréments qui présentent certains avantages.
Le début du printemps s'annonçant un peu turbulent chez moi j'ai dû,sur une décade s'étirant en longueur..., rejoindre ce que j'appelle ma ""résidence secondaire", où je ne vous inviterai pas.
En revanche,c'est avec plaisir que j'ouvre une nouvelle fois la porte de ma bibliothèque:il ya de la place pour tous ( fauteuils,canapé et marches d'escalier...) Les rayonnages se sont enrichis de quelques ouvrages qui m'ont été offerts à l'occasion de ma retraite forcée.
Quand je vous disais que les désagréments....
Je vous invite dès lors à voyager avec des écrivains " venus d'ailleurs".
Levons l'ancre ( Monique, je sais que tu as plaisir à venir chez moi:tu tiens la barre?)-léger aparté dont vous voudrez bien m'excuser-, c'est mon habitude ..
C'est étrange la vie;vous perdez des amis de vue sur une longue période,mais vous savez qu'un jour" la rencontre" se fera parce que c'est ainsi, parce que ( là je paraphrase..)" c'était lui ,parce que c'était moi".( fastoche je sais ,la référence à Montaigne, mais tellement vrai).
ELLE est venue me rendre visite au 3ème étage,secteur B.Trois "paquets-cadeaux"..trois livres.
Nous n'avions jamais parlé de Joyce Carol OATES..elle devait se douter que j'aimais cet auteur ( je me refuse à écrire " auteure",c'est trop moche).
-OATES:( nobellisable à deux reprises...) un "génie" de la littérature américaine.Chaque mot saisit l'essentiel de ce que nous sommes,nos contradictions, nos souffrances,nos passions, nos "dépassions "( AOC,permettez..).
"LES CHUTES", c'est le titre de ce roman qui vous plonge dans le drame dès les premières pages, une nuit de noces tragique avec pour décor "infernal" les CHUTES du Niagara.C'est aussi la malédiction qui pèse sur une famille , famille disséquée par le talent de Joyce Carol OATES dans une Amérique des années 1950,où l'industrie prend le pas sur la Nature, conflits d'intérêts,amour maternel dévorant , castrateur.Un roman puissant.
" Lorsque vous grandissiez dans la région du Niagara, vous saviez. L’adolescence était l’âge dangereux. La plupart des gens du cru se tenaient à l’écart des Chutes et ne risquaient donc rien. Mais si vous approchiez trop près, même par curiosité intellectuelle, vous étiez en danger : vous commenciez à avoir des pensées qui ne vous ressemblaient pas, comme si le tonnerre des eaux pensait pour vous, vous dépossédait de votre volonté. »
." A lui seul, le premier chapitre est un morceau d'anthologie. Dans le vaste lit du Rainbow Grand Hotel, à Niagara Falls, dans l'Etat de New York, Ariah Littrell se réveille de sa nuit de noces. Seule et sidérée de l'être. Un mot énigmatique l'attend... Cela aurait pu faire une nouvelle magnifique. Mais Oates préfère s'appuyer sur ce point de départ familier un coin de paradis basculant dans l'enfer, comme dans Hudson River (Stock, 2004) pour disséquer, sous une lumière crépusculaire, les perversions d'une Amérique furieuse et déchirée... On referme le livre un peu étourdi par cette écriture cinématographique, dramatique, auditive qui fait miroiter les mots sur la page. Et l'on comprend mieux la définition que Conrad donnait de l'art du roman, "la conversion en mots de forces nerveuses".
(revue de presse Florence Noiville - Le Monde du 26 août 2005)
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Je ne déflorerai pas le sujet.Ce n'est pas le meilleur de MANKELL, mais vous ne vous ennuierez pas.
Quelle femme! (en 1993, elle reçoit prix nobel de littérature ,le premier attribué à une femme noire ).J'avais lu "BELOVED",où elle avait mis en scène une mère hantée par le fantôme de son enfant, qu'elle avait tué pour la soustraire aux fers de l'esclavage.
09:30 Publié dans coin lecture | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note
23.01.2009
COIN LECTURE
Un après-midi pluvieux, où le passer ? je vous le demande!
Au ciné? oui, j'aimerais bien voir le film tiré du roman de Marguerique DURAS " Barrage contre le Pacifique",un livre lu il y a quelques lustres,mais il fait partie de ceux qui laissent une empreinte..
Et bien, non, je n'irai pas au ciné ( les gens toussent trop en ce moment..).
Irai-je dans ma cuisine:déja fait .J'ai en effet préparé pour le dessert du soir,la "pescajoun" de ma Mémé ( grosse crêpe aux pommes parfumée à l'eau de vie de prune, fabrication lotoise)..
Et si je m'installais dans la bibliothèque,"histoire de ,histoire de" passer un moment agréable avec vous? Il y fait chaud et les livres ne manquent pas.Je dirais même que les étagères se sont enrichies à l'occasion de la fête de Noël..( je le méritais un peu -avis personnel -) .
Etes -vous intéressés par mes lectures ?oui, si vous êtes bien sûr assis à côté de moi !
J'ai eu le temps de lire,et je peux vous assurer qu'il y en a pour tous les goûts.
Je crois vous avoir parlé de ma manière d'appréhender la lecture: un peu électron libre,éloignée des critiques,disons, sans prétention aucune, que je forme mon opinion au fur et à mesure que j'avance dans les pages de ce fabuleux voyage qu'est la lecture.Je suis hostile au " consensuellement snob" qui veut que l'on considère avec un léger mépris tel auteur.
Venons en au fait:
Un petit diamant d'humour noir: Des nouvelles, brèves, écrites par Philippe GARBIT ( scénariste, écrivain, animateur des nuits sur France culture) :"L'invitation à dîner":écriture simple mais quel talent!Vous ne vous ennuierez pas une seconde avec tous ces "morts" qui ne font pas pleurer..!Je vous le conseille vivement.
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Avez -vous entendu parler un porc-épic? non? alors,lisez vite le livre d'Alain MABANCKOU, "Mémoires de porc-épic":un porc-épic philosophe, le " double"(ou l'âme) de son maître,un jeune africain .
Il fait partie d'une communauté de porc-épics gouvernée par l'ancêtre qui leur livre toute sa sagesse, et sa perception de l'homme:
"Ce sont tous des crétins,être des hommes est leur dernier argument,or ce n'est pas parce que la mouche vole que cela fera d'elle un oiseau",...c'est te dire que dans mes cogitations je cherchais à comprendre ce qu'il y avait derrière chaque idée,chaque concept,je sais à présent que la pensée est quelque chose d'essentiel,c'est elle qui inspire aux hommes le chagrin, la pitié, le remords....;et si mon maître balayait ces sentiments d'un revers de main,moi je les éprouvais après chaque mission que j'accomplissais,j'ai senti à plusieurs reprises des larmes couler de mes yeux parce que, nom d'un porc-épic,lorsqu'on est saisi de chagrin ou de compassion on ressent une boule au niveau du coeur...."
La petite bête "armée de ses redoutables piquants va exécuter les souhaits macabres de son maître.
Je ne vous en dirai pas plus, si ce n'est que l'action se déroule en terre africaine,dans un village.
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LE CLEZIO, nobellisé:je n'avais lu de lui que le" procès verbal",lors de sa parution.Ce fut donc une re-découverte à la lecture de POISSON d'OR:Il s'agit d'un conte nous entraînant dans le long parcours d'une jeune africaine volée à l'âge de six ans, vendue à Lalla ASMA qui aura pour elle l'affection d'une grand'mère jusqu'à sa mort...moment où la porte de la vie s'ouvre pour Laïla...
Un roman fait de sensibilité, un regard posé avec humanité,lucidité sur un monde qui "dévore" les "faibles",les oubliés de la vie.
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Et ce chef d'oeuvre:deux nouvelles de Stefan ZWEIG ( mon auteur favori avec CAMUS,GARCIA MARQUEZ,J.M COETZEE):"AMOK":"l'Amok, en Malaisie,est celui qui, pris de frénésie sanguinaire,court devant lui,détruisant hommes et choses sans qu'on puisse rien faire pour le sauver.Le narrateur rencontre sur un paquebot un malheureux en proie à cette forme mystérieuse de démence.La passion, dans ce qu'elle a d'irrésistible et de semblable à la folie"
"Lette d'une inconnue:magnifique,l'amour sublimé
"mon enfant est mort hier,trois jours et trois nuits,j'ai lutté avec la mort pour sauver cette petite et tendre existence.....c'est à toi seul que je veux m'adresser;c'est à toi que, pour la première fois,je dirai toutTu connaîtras toute ma vie,qui a toujours été à toi et dont tu n'as jamais rien su.
Rien sur la terre ne ressemble à l'amour inaperçu d'une enfant retirée dans l'ombre;cet amour est si désinteressé,si humble, si soumis, si attentif et si passionné que jamais il ne pourra être égalé par l'amour fait de désir et malgré tout exigeant, d'une femme épanouie.."
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Et enfin,un autre petit joyau:"le journal "de Jules RENARD: vous y croiserez Sarah BERNHARDT ( petit aparté:coucou gazelle!),Lucien GUITRY,Léon BLUM,MALLARME,JAURES.CamilleCLAUDEL....
Il y "parle "de la misère des gens du " peuple", de musique, de vanité, d'adultère,de ses parents,du monde rural,de la vie politique (affaire DREYFUS),d'Arts et Lettres:ce sont des pistes de lecture données en début du journal.
C'est aussi une introspection de l'auteur, sans concession.
Vraiment un bel " ouvrage" ,à poser sur la table de nuit pour le lire, le relire.
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Et bien,je suis heureuse d'avoir passé ces moments " littéraires" avec vous qui n'allez pas manquer de me faire part de vos lectures.
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Cette bibliothèque, ne l'oubliez pas,est un lieu d'échange.
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A BIENTOT
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09.01.2008
coin lecture
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11.11.2007
COIN LECTURE
Nous sommes près d'une issue. Je prends place dans la file, je suis les autres. Nous sommes déjà au bas des escaliers, nous les gravissons, nous allons sortir... L'instant énorme où l'on renonce...
Dehors... Les souffles, les hurlements des artilleries déchaînées... L'aube incolore et froide. Nous y trempons nos visages comme dans un baquet d'eau glacée. Nous frissonnons, le teint vert, la bouche empâtée par cette puanteur d'estomac des mauvais réveils. Nous stationnons dans le boyau pour donner à la colonne le temps de s'organiser."
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14:01 Publié dans coin lecture | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note
29.09.2007
COIN LECTURE
Je l'avais un peu délaissé ce coin lecture que je souhaite convivial...mais pas abandonné!
L'hiver prochain, nous ferons "comme si":
-il y avait un grand feu dans l'âtre;et nous viendrons nous réchauffer .
Nous allons l'alimenter en bois de toutes sortes ( romans-essais-poésies,dessins pourquoi pas?)
En attendant,j'ai pensé qu'il serait peut être agréable de passer un week end en compagnie d'une histoire d'amour, comme je les aime.
C'est en parcourant ,hier,dans la soirée ,ce très beau livre "AILLEURS" que je suis tombée en arrêt devant une belle histoire écrite par Bernard GIRAUDEAU(une âme de poète voyageur celui là) servant de support aux oeuvres d'un peintre que j'aime: Olivier SUIRE-.VERLEY
Je vous livre cette histoire;à déguster lentement.
Je reviendrai dans ce cette bibli (mais je dois terminer la "Série Noire",)
Qu'ai-je lu ces derniers temps?des romans qui ne "prennent pas la cervelle",mes neurones ayant besoin d'aération:
-"Ni d'EVE ni d'ADAM" d'Amélie NOTHOMB ( et paf, encore une histoire d'amour, son premier amour au Japon-Parfois des "fulgurances," notamment son " corps à corps avec la montagne",de l'humour aussi..mais la "demoiselle" recherche trop "l'effet escompté",ce qui nuit à la spontanéité du roman.
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Et puis, pour me détendre,j'achève la lecture d'un roman de Douglas KENNEDY ," Rien ne va plus"... je ne m'ennuie pas en le lisant, c'est l'essentiel.
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Bon, assez de" parlote"
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,voici, sorti de la palette du peintre et de l'âme du poère le texte de Bernard GIRAUDEAU:
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« Je sais l’histoire d’un peintre qui ne peignit qu’une femme dans sa vie, Une multitude d’esquisses;de dessins, d’huiles rousses et bleues. Il avait rêvé ce visage, ce corps élégant, ce cou qui n’en finissait pas d’être gracieux. Elle vint une nuit lui rendre visite. Il n’oublia jamais ce songe. Il était persuadé de l’existence de cette femme. Il la nomma Amina. Il la chercha, la peignit mille fois sans jamais s’en approcher. Il la retrouva un peu dans les portraits du Fayoum, celui sculpté dans l’ébène de Néfertiti. Il crut la deviner dans les feuilles d’or des palais vénitiens. Il redessina ses lèvres, soufflant sur ses cheveux le pollen safran. Il vit un jour ce visage à Florence puis au musée du Caire. C’était un rêve délicieusement douloureux auquel il s’abandonna jusqu’à la folie. Sous la terre des jours et de la mémoire, il trouva une page d’amour, une lettre pliée dans la blessure, il eut peur de cet amour là, de cette jeunesse évanouie. Il retrouva le bleu des yeux dans le cobalt de FEZ, sur les mosaïques, à Meknès, à Florence.Il peignit son histoire .il savait tout d’elle. Elle s’était assise sur les pierres de Volubilis dans la maison du cavalier. Elle attendait le voyageur, guettant son ombre allongée au coucher du soleil. Elle avait connu la paix et le tourment. Un jour elle fut devant lui achevée. L’Œuvre parfaite. Il la reconnut au bord du vertige. Son sourire était une morsure. Sous la grande porte devant les oliveraies en damier, il fixa le temps, retint sa voix, son cou, sa bouche et l’élégance de son front. On la crut vivante, elle l’était. Quand il mourut, une inconnue vint sur sa tombe et baisa la terre. Elle s’appelait Amina. »
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oh oui, vraiment très très beau..
A bientôt amis fidèles.
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Betty
A l'attention de mes" lecteurs":la réponse à la note "SLOW" est affichée.Vous avez tous perdu pour la première photo !Quoique la " cot cot de Pau"....
23:50 Publié dans coin lecture | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
11.07.2007
COIN LECTURE..
Il y a bien longtemps que nous n'avions pas fait étape dans la petite bibliothèque..le temps nous y invite peut- être aujourd'hui.
Miche nous invite au voyage avec Joachim du BELLAY..et RIDAN ..alors voyageons un peu cet après midi.Astrée ,celle dublog, pas l'amoureuse de Céladon le berger,ouvre la porte de la poésie avec ELUARD.Je vous avais dit que mes connaissances en poésie étaient limitées..aussi,je prends plaisir à aller chez elle.
*
Claude nous est revenu " avec une vue de jeune homme" et a fait l'ouverture avec COCTEAU.
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Le pofesseur LEFRERE semble affecté que nous ne nous intéressions pas davantage à ses écrits..or il a du talent, mais il faut compter sur le temps qui nous fait parfois défaut pour écrire un commentaire sur chaque blog.Je ferai un effort ( pas de lire ,c'est fait, mais de laisser un petit mot).
*
J'arrête là ce tour "littéraire" des blogs pour évoquer un livre "Nous étions les MULVANEY":lorsque vous franchissez le seuil de la maison de cette famille américaine, vous n'avez plus envie de partir.
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Son auteur:Joyce CAROL OATES,une femme qui est au premier rang des écrivains américains .Il faut avouer que je les aime beaucoup ..ils ont beaucoup de choses à écrire et l'écrivent bien..
OATES raconte une Amérique malade de superstition,de refoulement, obsédée par le sang.
"Les Mulvanney incarnent le rêve américain : famille unie comme les doigts de la main, réussite sociale due au travail et au mérite, propriété magnifique où s’ébattent librement les chevaux, amour, tendresse et générosité à tous les étages… Jusqu’au drame de la Saint-Valentin 1976.Oates explore les fêlures et les paradoxes de l’Amérique. Une somptueuse et crépusculaire saga."
Je peux vous l'assurer:si vous entrez dans le livre,vous n'avez plus envie d'en sortir..surtout lorsque l"'évènement"inattendu se produit et révèle les fêlures de chacun..J'ai aimé sa façon de nous guider vers la fragilité de ses personnages."Nous étions les MULVANEY":oui, beaucoup d'amertume dans ce titre..
Un beau roman.
"L'écriture suscite en moi beaucoup d'émotions: je suis malheureuse ou frustrée ou excitée. Mes émotions sont très intenses. Alors, je vais marcher tous les jours avec mon mari. C'est ça mon bonheur, la nature, qui contraste avec mon travail. Avant ma mort, j'aurai passé beaucoup de temps dans la nature, c'est bien."
«Naviguer dans les airs entretient les fantasmes de notre enfance ; cela stimule notre aptitude à rêver."
Joyce Carol Oates
Voilà.
Et puis..je viens de commencer la lecture d'un roman policier,"SHUTTER ISLAND" de Dennis LEHANE, écrivain américain.
Je reviendrai vous en parler.
"Dennis Lehane mène ce thriller de façon magistrale, jouant sur les peurs ancestrales, sur les terreurs mentales et les cauchemars les plus familiers(extrait du magazine littéraire)."Celà promet....!!!!!!!!!!!
DEPECHE DE DERNIERE HEURE:je viens de faire un saut chez Claude"Je peins, je lis, j'écris",il vous parle d'un "roman" que j'avais évoqué dans ma note du 11.Courez chez lui et lisez les extraits..17:29 Publié dans coin lecture | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
18.06.2007
Avant de m'endormir
..je viens un peu traîner dans la bibli...
En butinant un peu sur les blogs,j'ai emprunté deux bouquins:chez Framboisine, "BIZARRE!BIZARRE! de Roald DAHL.J'ai lu l'extrait sous sa note et ma foi, ça m'a l'air très gouleyant tout çà..Et puis un auteur qui m'était parfaitement inconnu..pourquoi ne pas aller à sa rencontre?
En parcourant le blog de Jean-louis ( tiens si tu passes dans la bibli ce soir ou demain Jean Louis, je ne parviens pas à écrire de com chez toi:deux ne se sont pas inscrits aujourd'hui..),j'ai piqué le bouquin d' Annie :"Les étoiles de Compostelle" d'Henri VINCENOT qui traite de la construction des cathédrales, abbayes.
J'ai beaucoup apprécié vos avis.
Prochainement, je vous parlerai d'une manifestation "cuturelle" qui s'est déroulée à Toulouse ces 4 derniers jours:voyage autour d'écrivains , d'oeuvres lues par des "célébrités"..C'était le "Marathon des Mots".
Oui, au risque de vous sembler "gourgandine",j'ai pris mon pied.
Bonne occasion de communiquer avec des gens qui aiment lire,depuis longtemps ou depuis peu...
Tiens, je vous fais un peti cadeau:Emile ALLAIS ( qui est sur ma table de nuit..pas ALLAIS, le livre...)
"Axenfeld avait offert à sa fiancée une aquarelle peinte à l'eau de mer, laquelle aquarelle était,de par sa composition,sujette aux influences de la lune.Une nuit, par une terrible marée d'équinoxe où il ventait très fort,l'aquarelle déborda du cadre et noya la jeune fille dans son lit".
ET si on s'installait?
Betty
23:24 Publié dans coin lecture | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note



