logo Blog50.com
Blog 50 est un service gratuit offert par Notre Temps

01/05/2012

BRINDILLE

 

J'associe à cette note Paulette ,Jocelyne et Christiane,mes cousines qui font partie de ces doux souvenirs d'enfance à la campagne...

 

 

 

°°°


podcast

°°°°°

°°°°

°°°

 

medium_neige_001.jpg

 

°°°°°°°°°

°°°°°°°°

 

 

J'ai toujours aimé Le regarder, L'écouter "respirer"

 

Je m'asseyais sur le banc de facture grossière,un peu en retrait dans l'âtre, les pieds maintenus  bien au chaud dans des charentaises à gros carreaux.

J'aimais sentir l'odeur de la soupe dans le chaudron noirci par la fumée;j'aimais ce silence que seul venait interrompre la vieille comtoise égrenant son " tic tac" régulier.

J'écoutais  le crépitement exhalant l'âme des vieux chênes et ne détachais pas le regard de la lente combustion, de ce rouge qui se noie dans un gris d'argent.

Enfin,j'"allumais" la brindille, épiant l'instant où  la flamme cèderait la place à ce minuscule point rouge pour, d'une main assurée,la faire tournoyer en cercles incandescents!

 

C'était une journée d'hiver chez ma grand'mère à la campagne,j'avais 6 ans.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

08:08 Publié dans enfance | Lien permanent | Commentaires (18)

07/01/2012

LE DIAMANT NOIR

Quand  le froid s'installait,les feuilles des chênes semblaient des papillons  roux tremblant au plus léger souffle du vent.
Les chênes ont toujours fait partie de ma vie, encadrant mes errances  solitaires sur le Causse parmi les genévriers.
***
**
lot 039.jpg
(chemin sur le Causse)
***
**
Ne vous posez pas de question: entre les chênes et moi c'est une longue histoire d'amour.
Parmi eux il y en avait un que mon père chérissait plus que tout :était-ce  parce qu'il était plus robuste ou plus âgé que ses "frères"? Probablement car il était l'objet de soins attentifs...à moins que...
Près de ses racines un halo de lumière révélait un sol caillouteux et doré.
***
**
lot 082.jpg
(arbre sur le Causse)
***
**
Lorsque le froid gerçait nos lèvres ,mordait nos mains, nous escaladions la petite colline surplombant la maison,menant à LUI.
***
**
lot 065.jpg
(la maison perdue sur la colline,entourée de chênes.Au sommet,l'ARBRE)
***
**
Notre chienne à l'appelation contrôlée de Truffette se résignait à tenir un simple rôle d'accompagnatrice ,préférant chasser les mouches que déterrer le précieux trésor.
Mes enfants s'amusaient à franchir broussailles et murets de pierre,
***
*
lot 084.jpg
(Le Causse près de la maison)
***
**
explorant l'intérieur des gariottes,ces cabanes de berger où la belle endormie attend l'arrivée ( inéluctable..)du prince du Causse.
***
**
lot limogne 002.jpg
***
**
Ils connaissaient le" terrain" et précédaient souvent la cousine Odette .
Celle-ci avait mis sur pied une procédure d'alternance  ( hum,hum..)" péremptoire":une année, la star serait la truie Calinette et l'année suivante la chienne Coquette. 
Calinette labourait de son groin sans ménagement  le sol caillouetux alors que la chienne était plus " distinguée" :avec une assurance  moins "invasive",elle indiquait "l'endroit" ,remuant la queue en signe d'impatiente attente de la récompense.
A l'aide d' unbâton Odette grattait délicatement la terre pour en extraire le diamant noir.
La truie était gratifiée de graines de maïs,la chienne d'un morceau de fromage.
***
**
La cousine déposait dans le creux de nos mains le tubercule noir pour nous imprégner quelques instants de cette odeur tenace  si carastéristique.
Lorsque l'année était bonne la récolte était féconde (400G environ)

Ma mère qui a toujours aimé la Nature et ses saveurs ( petit clin d'oeil) préparait alors des chaussons aux truffes  avec foie gras et sauce périgueux.
Et puis le chêne a fait sa vie.Un tapis mousseux  a recouvert ses racines et la truffe s'en est allée...
Adieu veaux, vaches....
***
**
Voilà,c'était un fragment de vie sur le Causse.
***
**
BONNE ANNEE A TOUTES ET A TOUS et particulièrement à mes amis et famille lotois.
***********************************
^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^
^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^
**********************************
(Au risque de vous ennuyer,je reprendrai le cycle de l'avant dernière année:-les dessous de l'art- le coin lecture-au fil des lignes-les copains d'abord-ce soir je vous invite à l'opéra,justice etc)
Il est parfois délicat de se renouveler sans lasser.
Il me faudra du temps requérant une indulgence bienveillante de votre part)
***
**
A BIENTOT
***
**
chene.jpg
(Toutes les photos sont " maison" à l'exception de la dernière)

10:08 Publié dans enfance | Lien permanent | Commentaires (25)

03/03/2011

MONSIEUR BROCATO

 

 

Le café d’ORLANS était tenu par Reine et Camille.

 

« Café d’ORLÉANS » : pourquoi ce nom pour un bistrot venu s’échouer sur les Causses du Lot, à Limogne ? Je ne l’ai jamais su.

 

J’ai toujours été impressionnée par Reine. Peut-être était-ce  dû au timbre de sa voix, forte ,au ton sec semblant peu enclin à débiter des amabilités, ou à la coiffure sévère ,des cheveux gris brillantinés  rassemblés sur la nuque en un petit chignon?

 

 

Elle était vêtue d’une "robe tablier", dans des tons de gris, un lien ceinturant une taille un peu épaisse.

 

Reine :elle portait bien ce prénom ;elle exerçait en effet un  droit presque régalien sur la place du village.

 

Son mari, Camille,semblait tout droit sorti d’un film de WALT DISNEY Bien enrobé,il avait , au sens propre du terme, de l’estomac qu’un gilet de laine marron clair avait du mal à dissimuler.Des bretelles retenaient son pantalon en toile "bleu de travail". 

Ce qui le caractérisait par dessus tout, c’était la fleur qu’il portait à la bouche, du matin au soir, obéissant en cela au rythme des saisons : une violette, une pâquerette ou, en l’absence de floraison, un brin d’herbe verte.Sa tête était coiffée d’un béret.On pourrait dire qu'il avait la bonhomie de BALOO. 

 

 

Une fois par mois, le café qui s’animait le dimanche à la sortie de la messe et des vêpres, vibrait plus qu’à l’ordinaire.

 

Je prenais place avec mes parents et mes frères sur l’une des six longues banquettes en cuir, réparties de part et d’autre de l’allée centrale.Elles s’étiraient sur toute la longueur du café qui paraissait bien plus grand par le jeu des grands miroirs surplombant banquettes et tables de marbre.

 

Il régnait ces soirs là un vacarme joyeux que Reine, malgré sa bienveillant autorité, ne parvenait pas à calmer.

 

Elle distribuait, Suze, Guignolet Kirsch, Saint Raphaël.J’avais même droit, malgré mon jeune âge, à une reine claude à l’eau de vie (sans le jus !!).Ah !le goût de ce fruit que je dégustais avec un plaisir immense.

 

Puis le silence s’installait :monsieur BROCATO faisait son entrée.

 

De lui, me reste le souvenir d’un visage rond au teint mât,d’un crâne assez dégarni coiffé d’un béret curieusement posé presque à la verticale, sur l’arrière , comme une auréole !

 

Il transportait d’énormes valises (elles m’apparaissaient ainsi) d’où il extrayait des bobines où s'enroulaient des dizaines de mètres de "rubans" noirs..

A l’opposé de l’entrée, il avait installé un grand drap blanc faisant fonction d’écran (enfin..Il me semble qu’il s’agissait d’un drap).

 

Nous attendions  fébrilement cet instant où le film allait commencer.Très souvent, les séances étaient émaillées d’incidents ( erreur de bobines ….)et l’on entendait des «  ho » désappointés.

 

Oui, voilà ce que restitue ma mémoire ;je devais avoir 6  ans et garde  encore gravé le regard pathétique et magnifique d’Ingrid BERGMAN se consumant dans les flammes du bûcher

 

°°°

°°

 

 

jeanne-au-bucher-.jpg
***
 Cette note ,je la dédie particulièrement à mes amis d'enfance et aux membres de ma famille qui ont connu le "Café d'Orléans". 

 

.

09:52 Publié dans enfance | Lien permanent | Commentaires (5)

16/01/2011

LEA,MARCEL...

VENDOME..et les autres.

 

Toute ressemblance avec le titre d'un film célèbre ne serait qu'une "coïncidence délibérée"!

 
podcast

(merci de lire en musique pour "l'intensité" dramatique"!!)

Il s'agit là d'une histoire d'amour tout à fait singulière s'étant déroulée dans l'enceinte du*" petit magasin bleu",l'histoire d'une rencontre, d'un coup de foudre. 

Léa avait franchi le seuil du "célèbre" *petit magasin bleu , caverne d'Ali BABA ayant "pignon" sur le Causse de Limogne .

IL lui tapa dans l'oeil immédiatement : une élégance virile, une robustesse rassurante répondant bien plus à un souci de performance qu'à une considération esthétique (bien qu'IL ait cédé à l'extrême coquetterie de ceindre son front d'un bandeau bleu où son nom était gravé en lettres dorées),formaient autant de qualités propres à raviver l'incandescence du désir.

Léa  fut conquise et le p'tit Marcel n'eut pas à la convaincre.Il les regarda partir cependant avec un certain regret car il avait le coeur tendre.

Léa et sa merveille firent bon ménage :s'ils n'eurent pas d'enfants,ils virent cependant défiler plusieurs générations...

Attentionné,IL veilla à ce que limonades,pschitt ( citron ou à l'orange-détail important-),coca-cola ,rafraîchissent tous les gosiers asséchés par les étés caniculaires sévissant dans le Lot. 

Bien que son teint se soit légèrement flétri il assure toujours "grave".....(langage générationnel)

**

**

Si vos pas vous guident vers un charmant village du Lot,poussez la porte du cabinet du Docteur M., et vous LE verrez:certes Il a la mine une peu pâlichonne, mais il FONCTIONNE!!!!!!!!!!!!!!!!il rafraîchit vos vaccins et autres produits.

 

***

**

frigo.jpg
(L'élu du coeur de Léa,Monsieur VENDOME)
**
**

Mon ami jean-Claude ,petit fils de Léa ,à qui je dédie cette note m'a envoyé la photo de cette petite merveille,et je n'ai pu résister au plaisir de vous la présenter sous la forme d'une  note légère mais chargée d'affection :l'action se déroule en 1957,l'année de mes 11 ans.

 

...

 

Depuis,Léa et Marcel ont rejoint un petit nuage ;je suis persuadée que là haut, tout là haut,ils entendent le doux ronronnement de Monsieur VENDOME.

 

 

***
**
(*"le petit magasin bleu" a fait l'objet de notes établies aux mois de Juin et Juillet 2007)
**
**

 (messages perso:alors Nic-Nic, t'as vu où cela mène les coliques "frénétiques"!!)

 Pour Jocelyne, en réponse à ton com:Léa est la grand'mère de Jean-Claude et Marcel c'est...mon PAPA, donc..ton TON TON!!Bises qui claquent)

 

 

 

 


10:50 Publié dans enfance | Lien permanent | Commentaires (11)

26/11/2010

SONS DE CLOCHE...

Petit intermède carillonné de quelques jours car je pars faire bombance( au menu il est prévu un chou farci...) avec"les copains d'abord "pour la "grande soirée des courges" ( NDLR:notre amie Mariette en cultive,ce n'est pas une plaisanterie).
°°°°
°°°
°°
vietnam.JPG
(Photo ""maison" J B)
°°°
°°
°
Son grave, déchirant l'espace ,comme les pulsations ralenties d'un coeur,mélopée rythmant les aboiements des chiens pleurant leur maître mort.
*
Son apaisé , apaisant ,délimitant le temps, de l'Angélus.
*
Son exubérant du carillon auréolant d'un halo de joie la jeune épousée.
*
Son de l'effrontée arrachant la jeune pensionnaire aux limbes de ses rêves.
*
Son strident ,électrifié , de l'injonction: serrez les rangs, tête baissée,cauchemar récurrent de 6 années de pensionnat.
*
 Son murmuré du canon:"C'est la cloche du vieux manoir" .
*
cloche1.jpg
(photo" maison":cloche à BEAUREGARD)
°°
°
Enfin, joie de l'enfant prêtant" main forte" au carillonneur dans la petite église de Calvignac.
°°°
°°
clocher.jpg
(photo Jean-Bernard FAURE: église de CALVIGNAC.Gros baisers Jocelyne et Paulette)
°°°
°°
Enfance.....
 

15:05 Publié dans enfance | Lien permanent | Commentaires (13)

20/10/2010

LES ETIQUETTES...


podcast
(Musique Nino ROTA)
étiquettes.jpg
***
**
Il était là, comme abandonné ,dans le garage,attendant qu'on lui redonne vie.
Des mains d'artisan,je dirais bien plus d'artiste ,l'avaient façonné, soixante dix ans auparavant,
Il était l'oeuvre de Monsieur MERCADIER,le menuisier du village de cinq cents âmes où s'est déroulée ma jeunesse.
Etant amie avec le petit-fils de l'artiste, j'avais l'habitude de franchir le seuil de l'atelier.Je devais avoir 6 ans,pas davantage ,mais je me souviens avec précision des fines particules de bois mêlées aux toiles d'araignée qui embuaient les vitres du local,sur lesquelles mon regard d'enfant inquiet s'attardait.
 A l'intérieur,le sol était tapissé de copeaux s'amoncelant en tas légers;dans leur ballet aérien,ils  s'accrochaient à mes chaussettes ou à mes boucles de cheveux ,au grand désespoir de ma mère!
Monsieur MERCADIER ne portait pas de blouse de travail  mais un pantalon de velours côtelé retenu par des bretelles.
Il me semblait être vêtu également d'une chemise aux manches assez larges,finement rayées,"retournées" ,découvrant l'avant bras,c'est tout au moins ce que ma mémoire restitue.
J'aimais regarder ce visage, aux traits extrêmement délicats,éclairé par des yeux bleus et rieurs cerclés de fines lunettes en métal et par un sourire tellement affable!
 Enveloppée de nuages de sciure, j'aimais regarder l'établi, la lenteur appliquée de la main guidant la varlope.
 
°°
Mon père avait "passé commande"d'un meuble formé de casiers,destiné à ranger les factures, doubles de commandes, lettres aux fournisseurs....Une étiquette indiquait le contenu de chacun de ces casiers.
Dans le magasin bleu, le p'tit Marcel avait créé son  univers,une sorte de bureau ,un réduit de quelques mètres carrés délimités sur un côté par le petit meuble faisant fonction de cloison séparant cette pièce improvisée des rayonnages de peintures et , sur l'autre, lui faisant face, un rideau de lamelles colorées.
Astral,Valentine, ces noms me faisaient rêver et je crois bien avoir fait le premier apprentissage de la lecture dans cette partie du magasin,associant leur nom aux couleurs.
De temps en temps, je m'amusais à ouvrir l'un après l'autre les casiers qui se refermaient sur un bruit sec.
°°
Les aléas de la vie ont perturbé le destin bien tranquille du petit meuble;lors d'un déménagement, je n'ai pas voulu m'en séparer car son histoire était étroitement mêlée à mon enfance.
Il n'avait plus d'utilité...jusqu'au jour où...
A l'occasion de la réfection d'un cabinet de toilette,nous avons dû sacrifier le placard à chaussures pour agrandir une pièce.
Mais où allait-on pouvoir ranger escarpins, bottines et bottillons????
C'est alors que je songeais au meuble qu'un voile de poussière recouvrait dans le garage.
Il fut décapé, pâtiné,ciré ,apprêté pour pour une seconde naissance:désormais il a une place de choix dans l'entrée ..et le problème du rangement des chaussures est résolu.
°°
°
En rédigeant cette note,je n'ai pu m'empêcher de penser à notre ami René ,à son habileté d'ébéniste.
***
**
"Objets inanimés...."
***
**
*
canal 001.jpg
***
**
*
canal 007.jpg
°°°
°
(N'ayant pas beaucoup de recul, il a été difficile de prendre une photo;la forme n'est point trapézoïdale comme pourrait le laisser penser le cliché, mais rectangulaire.)

11:35 Publié dans enfance | Lien permanent | Commentaires (20)

04/10/2010

LE COUPE-CHOU

Je dédie cette note à mes amis d'enfance qui me lisent souvent,à mes cousines du Causse et de l'Océan.
Mon bateau a jeté l'ancre sur le rivage de nos jeunes années;au fur et à mesure que je rédigeais cette note, des souvenirs aux contours imprécis affleuraient avec de plus en plus "d'acuité".
°
l'instar d'Hélène MERRICK qui nous entraîne sur les chemins de l'enfance, vous pourriez amis blogueurs vous associer à ce retour vers ces strates de vie qui ajoutées les unes aux autres formeraient ,bien plus qu'un " livre" ,le témoignage d'une époque.
***
**
*
pouzac.jpg
(Gaston et Nana)
***
Parmi mes souvenirs" emmitouflés" émerge celui de deux personnalités pour lesquelles, je dois bien l'avouer, j'éprouve une tendresse particulière :Gaston et Nana  qui ne peuvent être dissociés de mon enfance.
°
Lui ,faisait office de figaro du village,exerçant son talent de coiffeur sur une clientèle exclusivement masculine,elle, à l'intérieur de l'échope s'était réservée un ilôt pour vendre les journaux.
°
Leur boutique faisait face au *petit magasin bleu".
°
Deux modestes vitrines encadraient une porte vitrée donnant accès à cette unique pièce,petite et assez sombre.
Leurs "propriétaires" étaient aussi de petite taille formant ainsi un monde "réduit" ,à la hauteur de mon regard d'enfant.
A gauche et à droite de l'entrée, deux banquettes en cuir noir,cloutées,se faisaient face;le vendredi, jour de marché aux truffes,ce petit univers clos s'animait.
°
J'accompagnais souvent mon père qui confiait sa barbe naissante aux bons soin du barbier.
Comme ce petit homme me paraissait " grand":  sa blouse blanche dont l'échancrure s'ouvrait sur une chemise impeccable et un  noeud de cravate parfaitement fait lui donnait un air digne.Je pourrais dire que Gaston avait une prestance majestueuse,celle d'un homme fier du travail qu'il va accomplir.
°
Mon père prenait place dans un fauteuil qui me paraissait gigantesque, en cuir rouge foncé;un miroir doré  imposant ,s'étirait en longueur,reposant sur une tablette de marbre . Plusieurs pots,dont je suppose qu'ils étaient en inox ( l'argent étant un métal trop luxueux) ou en céramique blanche contenaient -je le voyais ainsi-des pinceaux que les initiés appelaient "blaireaux".
Un "serviette de table" blanche était nouée autour du cou de mon père:l'artiste pouvait commencer .
Ses gestes étaient méticuleux,il inclinait avec noblesse son buste ,la main était assurée;une mousse assez compacte venait fleurir le visage de son client.
°
Mais je redoutais le moment où l'artiste  saisirait l'outil tranchant, le coupe -chou ,lame incurvée qu'il affutait sur une bande de cuir étroite et noire.J'éprouvais une sensation désagréable.
Aussi étais-je rassurée lorsque la serviette humide et chaude venait calmer le feu du rasoir.Sur la tablette de marbre,ce que j'appelais le sucrier-car il contenait nécessairement du sucre glace-venait parachever l'ouvrage:le visage de mon père s'enveloppait alors de brume blanche.
°
Mon père le gratifiait de ce sourire empreint de gentillesse qu'était le sien.Il déposait alors quelques pièces ou un billet dans la boite métallique rectangulaire,ornée d'une scène de chasse, que lui tendait Nana ayant délaissé pour un instant sa fonction de marchande de journaux.
"Bonne soirée","Nous deux","Condidences","Modes et travaux","Jours de France" ,"Paris Match"étaient disposés avec un ordre méthodique,sur des planchettes en bois dans la vitrine donnant sur la rue.
**
marcel.jpg
**
**
Je prenais alors la main de mon Père ,abandonnant le Maestro,pour aller vivre une autre "histoire" dans le" petit magasin bleu".
°°°
°
(* "le petit magasin bleu":ou une partie de" mon histoire", archivée du 2 au juin 2008,pour celles ou ceux qui ne m'auraient pas lue). 
°°°
°°
(la photo de Gaston et nana est de Michel PINEL, artiste photographe, enfant de Limogne.Vous pouvez accéder à son site en allant chez Mister Google et en tapant les mots clé:Michel PiNEL.Un réel talent mis au service de magazines réputés.J'ai appris qu'il viendrait faire une expo dans mon village en 2011.Je serai présente!)
°°°
°°
(Message perso:Nic-Nic,je viens de m'apercevoir que j'avais déjà rédigé une note...décidément,Gaston et Nana ont laissé une véritable empreinte de douceur et de nostalgie.)

09:02 Publié dans enfance | Lien permanent | Commentaires (17)

24/04/2010

MEME

 Notre mémé ou

une histoire toute simple....pour Paulette,Jocelyne et Christiane,et vous tous.




podcast

 

(une mélodie que j'aime particulièrement et qui semble convenir à la douceur de cette note)
 

***

**

*

 

medium_mémé.jpg
***
**
*

 

Ses mains ridées et presque diaphanes soulevaient l’édredon : je regardais cet étrange objet fait de deux arceaux de bois, avec, au centre,posé sur un support en métal,un récipient ressemblant à une casserole sans queue,que l’on appelait un moine.

 

Je grimpais alors dans le lit bateau qui me paraissait bien  haut et je m’enfouissais dans ces draps si chauds, si chauds. Comme il se sentait bien ce petit corps !

 

Elle  penchait alors son visage près du mien et nous récitions la prière ( courte,fort courte) du soir : »Sacré cœur de Jésus,j’ai confiance en vous »…Je  ne comprenais pas mais peu importait,l’unisson de nos deux voix  m’apaisait.

 

Enfin récompense suprême, elle sortait de la poche d’un long tablier en coton  noir, une petite sucrerie,ronde, de la couleur du coquelicot :le bonbon à la menthe du soir !

 

Elle allait alors s’installer sur le Prie -Dieu,dans la cuisine,et je percevais,rythmés par le tic tac régulier de la vieille comtoise, les sons murmurés qui glissaient du rosaire.

 

C’était il y a bien longtemps, dans la petite épicerie de Calvignac,des instants de bonheurs  partagés avec ma Grand' mère.

 

 

 

°°°

°°

 

J'ai toujours aimé Le regarder, L'écouter "respirer"

 

Je m'asseyais sur le banc de facture grossière,un peu en retrait dans l'âtre, les pieds maintenus  bien au chaud dans des charentaises à gros carreaux.

J'aimais sentir l'odeur de la soupe dans le chaudron noirci par la fumée;j'aimais ce silence que seul venait interrompre la vieille comtoise égrenant son " tic tac" régulier.

J'écoutais  le crépitement exhalant l'âme des vieux chênes et ne détachais pas le regard de la lente combustion, de ce rouge qui se noie dans un gris d'argent.

Enfin,j'"allumais" la brindille, épiant l'instant où  la flamme cèderait la place à ce minuscule point rouge pour, d'une main assurée,la faire tournoyer en cercles incandescents!

C'était une journée d'hiver chez ma grand'mère à la campagne,j'avais 6 ans.

 

 

 

 

 

 

09:05 Publié dans enfance | Lien permanent | Commentaires (14)

26/03/2010

LES ROCHERS DE GUETARY

Il y aura bientôt 3 ans j'avais rédigé une note sur l'enfance.L'idée m'est venue de la re éditer en lisant le blog de la petite vie toute pourrie de Ziggie.

Nos enfances se rejoignent dans l'imaginaire.

***

**


podcast
 *******

****

***

medium_a_423.jpg
****
***
**
*

Elle avait mis sa robe de coton jaune couleur du soleil qui pâlit ; le corsage était fermé par des lacets..c'était la robe qu'elle préférait du haut de ses 6 ans.

*

Dans ses mains, un seau où étaient grossièrement peintes des étoiles de mer ..Elle franchissait l' allée de fin gravier rouge ocre , bordée de  thuyas vert tendre.Elle aimait caresser les rameaux fragiles,aussi légers que la plume..oui ,elle aimait ces sensations.

*

Puis, elle  allait chercher dans sa mine aux trésors,le petit diamant rose pâle, très pâle,diaphane,  ou le caillou aux arêtes arrondies  soumises aux caresses du vent et  de l'eau,d'un vert translucide,ou bien d'un gris marbré.

***

**

*

medium_a_427.4.jpg
(my photo)
*
***
medium_Le_Dossen_2_novembre_2006_Algues_épa.2.jpg
( photo prise par une amie)
*
Ses doigts d'enfant démêlaient un écheveau d'algues tendres.
****
medium_guetary.2.jpg
(les rochers)
*
****
Alors, elle gravissait  les escaliers la menant au Palais..elle déposait ses trésors
,et là, dans le creux des rochers offerts aux embruns, elle s'inventait une chambre,ou une cuisine :les cailloux ramassés  quelques instant auparavant sur la plage  devenaient poignées de porte,miroirs,et les algues faisaient un ciel de lit .
*
C'était il y a bien longtemps....sur la petite plage de GUETARY.
*
**
***BETTY***

19:06 Publié dans enfance | Lien permanent | Commentaires (10)

22/12/2009

noel52

 

 

 

 


podcast

 

°°°

°°
A présent,le moteur de la vieille Aronde s’était tu .

 

L’enfant entendait la respiration calme du Causse et suivait ce Père qu’elle aimait tant,ce point d’ancrage où s’amarraient ses chagrins et ses joies

 

L’enfant s’amusait à sauter sur la rivière végétale, de pierre en pierre,silhouette fragile se détachant dans ces déclinaisons de vert tendre et de roux.

 

De temps en temps le Père se retournait ,vérifiant que l'enfant n'avait pas surpris sa vigileance attendrie.

 

Mais la petite suivait le sillage rassurant.

 

Enfin, IL se tenait là au bout de ce sentier rocailleux qui avait la couleur de la terre africaine, comme s ‘IL les attendait au terme de nombreuses nuits où le Causse apaisé n’est plus qu’un doux murmure.

 

°°°

°°

°

 

 

 

lot 085.jpg
°°°
°°
°

 

 

La scie glissait entre les mains du Père., découvrant sous le lichen gris et le lierre sauvage la chair blanche de l’arbre.

 

L’enfant applaudissait l’exploit renouvelé chaque année .

 

Du haut de ses 6 ans,l’arbre sauvage,aux formes irrégulières lui semblait immense.

 

 

°°°

°°

°

 

 

lot 082.jpg
°°
°°°
°°

 

lot 084.jpg

 

°°°

°°

° 

 

Les mains de l’enfant rejoignaient à présent  celles du Père,enserrant le tronc étroit mais cependant si robuste du vieux genièvre.

 

Quelques épines égratignaient ses mains , mais ces marques rouges ne le faisaient pas souffrir.

 

Dans la froidure des matins givrés la Petite  regardait cet arbre qui inclinerait bientôt légèrement ses branches sous le poids de mandarines enrubannées.

 

C’était un Noël sur le Causse en 1952

 

°°°

°°

°

BONNES FETES A TOUTES ET A TOUS.
°°°
°°
°
(Musique:GOULD-Variations GOLDBERG-BACH)
Photos: "maison")

10:02 Publié dans enfance | Lien permanent | Commentaires (12)

15/12/2008

Le jardin du curé

Claude MOULIGNE (Je peins,je lis, j'écris) m'ayant taguée,je réponds à son invite avec plaisir.

 

 

 

C'était une grande bâtisse, aux murs épais,en pierre du Lot,recouverte d'un toit en ardoises,signes distinctifs d'un certain confort bourgeois.

°°°

medium_presbytère.jpg
°°°
°°


On accédait à l'étage par des escaliers dont les marches étaient faites de larges dalles en pierre, bosselées à la surface,les murs blanchis à la chaux supportant une voûte,blanche elle aussi.

Je prenais place sur l'une des chaises disposées en demi-cercle, près de la fenêtre ; de là, je pouvais voir un jardin baigné de lumière où s'enchevêtraient les couleurs des dahlias,des pivoines..

°°°

°°

°°

medium_jardin.3.jpg
°°°
°°
°



J'étais bien et je sentais la marque affectueuse du soleil sur les épaules.

Une voix appuyée interrompit cet état proche de l'extase ( j'exagère un peu,quoique..)

medium_Histoire-du-cathe.jpg

- "DIEU EXISTE,pourquoi?"

Je devais être concernée par cette question car le regard sévère du curé DELMOND (je l'adorais ce curé de campagne avec son bonnet à "pompon") se posa avec insistance sur  moi, dérangeant mon "insoutenable légèreté"...

-"Betty,DIEU EXISTE,pourquoi?"

-Silence abyssal.

-"Une fois de plus, tu n'as pas étudié ta leçon de catéchisme.

-????

-"Oui,IL EXISTE",pour  3 raisons " ,j'attends".....

-Grand silence...

(Je dois avouer que ces 3 raisons péremptoires je les ai oubliées et peut -être ai- je eu tort de m'éloigner de cette vérité "éclairée"..)

 

Moi, je ne pensais qu'à une chose,dévaler les escaliers pour aller" pêcher"...des tétards avec mes frères  et leurs  copains derrière l'église.

°°°°

°°°

°°

 

NDLR:dans le Lot les toitures sont faites de tuiles et rarement d'ardoises sauf pour les maisons cossues

(photo internet:le presbytère de  Limogne)

11:45 Publié dans enfance | Lien permanent | Commentaires (6)

 
Accueil Blog50 | Créez gratuitement votre blog | Avec notretemps.com | Toute l'info retraite | Internet facile | Vos droits | Votre argent | Loisirs | Famille Maison | Cuisine | Jeux | Services | Boutique