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14/09/2012

FRAYEUR...

 

tribunal 042.jpg

 (Cour d'Appel de Toulouse)

 

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J’avais ouvert une catégorie justice que je décidais d’alimenter ,si je 

l'estimais opportun , en relatant un ou des évènements qui ont marqué 3O ans de vie professionnelle.

 

J’ai toujours aimé me lever dès potron-minet,à l’heure où les bruits de la ville sont encore feutrés et alourdis de sommeil.

 

Mon bureau se situait à proximité du jardin des plantes et c’était un vrai bonheur matinal,en longeant ses allées,  que de sentir les fragrances provenant d’essences fort variées.

 

Mon premier geste consistait à prendre un café et me laisser aller à ce début  dejournée voluptueux

 

J’avais l’habitude également, en arrivant,de regarder si dans la boite aux lettres ,un client pressé aurait déposé du courrier.

 

Depuis 3 ou 4 semaines,je relevais des lettres provenant d’un même individu dont je pensais qu’il était un  peu «  dérangé » :écriture saccadée,mots mis bout à bout sans sens défini,ruptures brutales de phrases qui devaient vraisemblablement terminer leur parcours dans sa tête.

 

Cependant, le ton changea peu à peu à tel point qu’il m’inquiéta ;l’auteur inconnu faisait allusion à l’épicier slave tenant une supérette au bout de la rue. »L’écrivain » me conseillait d’être prudente car cet épicier avait des casquettes nazi chez lui et des crânes de nazi dans les pots de fleurs de son jardin !

Dans une autre correspondance , il faisait allusion à 2 femmes portugaises habitant la rue qu’il estimait dangereuses ( on ne sait pourquoi).En fin de lettre,il était aussi question d’une « petite avocate blonde » (moi) et qu’il règlerait ses comptes.

 

Ce ton devenant de plus en plus menaçant je décidais d’en référer à mon Bâtonnier(notre chef) qui me reçut après avoir pris rendez-vous(protocole habituel chez nous).Je lui faisais part de mon inquiétude ce à quoi il fut répondu que nous avions choisi un métier à risques et que l’on s’exposait forcément à rencontrer des désiquilibrés,mais qu’il fallait «  distancier «  ces évènements.Je n’avais que quelques années d’expérience.,mais n’était pas convaincue de la teneur d’un discours faussement paternel,et prononcé sur un ton condescendant de surcroît.

 

Déçue,je reprenais la route demon cabinet .Le lendemain matin,fidèle à mes habitudes je dégustais le petit café et me livrait à le lecture du canard régional « La Dépêche du Midi »,m’intéressant à la vie de la cité rose.

 

Quelle ne fut pas ma surprise en découvrant la UNE ,toute la page écrite en caractère gras avec ce titre :Double meurtre dans la rue A.DUMERIL,2 portugaises abattues froidement par un jeune déséquilibré que la police a intercepté.Il n’a fait aucune résistance.

 

Je me précipitais alors chez le Bâtonnier,mais sans rendez-vous cette fois,ouvrant vivement la porte de son bureau et jetais le journal :avant qu’il ne l’ait parcouru il me dit avec le même ton condescendant que «  ce n’était pas son genre de lecture habituelle ».

Découvrant alors l’article, son visage blêmit et il me dit alors que j’avais eu beaucoup de chance !!

 

Depuis, je n’ai cessé de penser à ce jeune ,à ses souffrances,à la solitude ayant dû jalonner son chemin de vie.

 

Je referme le journal.

09:26 Publié dans justice | Lien permanent | Commentaires (16)

23/05/2012

PORTES..

J'avais décidé il y a quelque temps,encouragée en celà par l'amie Miche, d'ouvrir les portes d'un univers un peu méconnu et souvent  déformé par le prisme des médias.

 

Croyez bien que la note qui va suivre n'est pas l'expression d'une quelconque vanité mais le témoignage d'un engagement ,d'un parcours jalonné de souffrances,de lueurs d'espoir,.Des souvenirs émergent ,entrelac de  bruits,de couleurs,de formes..

 

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J 'ai toujours pensé qu'une source n'était jamais définitivement tarie et que parfois un filet d'eau rédempteur pouvait de nouveau s'écouler..

 

 

 

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Elle était arrivée. Son regard fixait la grande porte en métal gris qui était à portée de main.

 

justice,prison

 

Elle se souvenait de  ces petits groupes rassemblés devant cette même porte,des femmes essentiellement ;mais elle, elle passait son chemin, laissant derrière elle ces files d’attente silencieuses.

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justice,prison

 

 

 

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Son cœur battait et elle hésita un instant avant d’appuyer sur la sonnette.C’était la première fois….

 

 

Puis,un bruit sec,celui d’une petite lucarne encadrant le haut d’un visage…

 

 

La porte s’ouvrit sur une cour pavée qu’elle traversa ,martelant le sol de ses pas comme pour mieux affirmer une autorité dont elle était dépossédée ;le sol était gris,luisant.

 

 

Elle avisa alors une sorte de petite loge,le « poste frontière », le «  passage obligé ».

 

 

Les formalités d’usage accomplies,elle se présenta devant une grille de couleur beige délavé,témoignant de  l’écoulement du temps.Elle n’avait jamais vu, si ce n’est dans les films,une « porte » avec des barreaux aussi épais et une serrure aussi grande.

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justice,prison

 

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Un homme en uniforme lui  ouvrit cette porte qui la plongea dans un autre monde ,un monde d’échos :des cris ,brefs , des bruits de porte,de clefs.

 

 

IL allait bientôt être devant elle ;elle fixait avec une anxiété qu’elle avait du mal à dissimuler une porte massive, sur sa droite, en chêne, barrée par de longues pièces de métal noir.

Elle ne maîtrisait plus la cadence de son cœur; ses mains devenaient de plus en plus moites.

 

 

Un bruit de clef, proche et elle LE vit :ce qui la frappa, ce fut ce visage mince,extrêmement pâle faisant ressortir le bleu des yeux ;curieusement, elle pensa à une tête de reptile.. .

 

 

Connaissant le parcours de cette vie venue s’échouer dans un univers déshumanisé,elle redoutait leur premier entretien, car il était « un DUR ».

 

Oui, il lui parut glacial.

 

Elle appréhendait leur tête à tête dans cet espace restreint que l’on appelait « parloir ».

 

 

Assise en face de LUI, elle lui tendit un paquet de cigarettes et commença alors leur long entretien ;l’anxiété l’avait quittée ;ce n’était plus le braqueur de banques redouté, mais un HOMME, avec sa fragilité d’Homme.

 

 

Elle fut bien sûr amenée à le revoir et apprit par le canard local qu’une tentative d’évasion venait d’échouer..

Deux jours après, elle franchit  le grand escalier de l’HOTEL DIEU pour se retrouver devant une porte en métal bleu marine encadrée par deux policiers en faction.

Il était là, sur un lit d’hôpital,le haut du corps plâtré à la suite d’une fracture de la clavicule..

 

Ce fut de nouveau un long entretien.

 

 

Quelques années passèrent. 

 

 

 

Dans sa boite aux lettres, elle découvrit une enveloppe de couleur rose, parfumée. A l’intérieur,une carte, rose également,avec un nouveau- né dessiné et quelques mots ,chaleureux,de félicitations.

Dans son univers carcéral,il avait appris la naissance sa fille.

 

 

La porte se referma sur cet épisode de vie …mais les bruits , les premiers bruits résonnèrent longtemps…écho de sa première visite.

 

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(Photos: Maison d'Arrêt de Toulouse)
 
 
 
 
(J'ai régardé récemment le film "un prophète")et j'ai retrouvé ces bruits que l'on n'oublie pas)



 

11:48 Publié dans justice | Lien permanent | Commentaires (25) | Tags : justice, prison

13/03/2012

ERREUR JUDICIAIRE (suite2)

A TOULOUSE, AU SIECLE DES LUMIERES
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Malgré l'arrêt  du Parlement de TOULOUSE sanctionnant la décision des capitouls et l'espoir d'un nouveau procès qui pourrait enfin restaurer la Vérité,tout concourt pour que Jean CALAS soit un meurtrier.
Oh,oui, il a eu tort ,lors du premier interrogatoire sur "l'infâmante sellette "(petit siège en bois)de prétendre que
son fils avait été assassiné...
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Certes..
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Mais imagine -t-on un instant le sort qui était réservé aux suicidés à cette époque (XVIII°):non seulement un procès était fait au cadavre mais encore,il était transporté nu,sur une claie,face contre terre, dans les rues de la ville!
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Comment un père  chérissant son fils aurait -il pu  supporter cette  infamie!!
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Conseillé par un avocat ,Jean CALAS le lendemain de son arrestation, abanbonne la thèse du meurtre et parle enfin du suicide de son fils .
OUi, Marc-Antoine vivait très mal le fait de ne pouvoir intégrer le corps de la mgistrature réservé aux seuls catholiques.Le droit, c'était sa passion!
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Mais les "accusateurs" combattent farouchement la thèse du suicide;ils n'hésitent pas:entre un parricide et un père déchiré par la fin tragique de son fils, ils "choisiront" le premier.
D'ailleurs Marc- Antoine est mis en terre selon le rite catholique.
Des funérailles solennelles sont célébrées dans laCathédrale Saint ETIENNE le 18 Novembre
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Un nouveau procès va s'ouvrir:nouveau procès,nouvel espoir?
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Comment prendre du recul par rapport au " monitoire", cette façon de procéder contraire à toute idée de Justice: lors de la messe,le prêtre lit à ses fidéles une série de questions ( très orientées)  et les oblige à déposer sous peine d'excommunication!
Dans ce contexte,87 dépositions affirmant la conversion de Marc-Antoine au catholicisme seront soumises à l'examen du parlement!
Les questions posées  en cours de procédure aux témoins ou aux  intervenants le sont toutes " à charge",laissant présumer la culpabilité d'un père.
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Les membres du Parlement doutent cependant..dix séances seront nécessaires et sur 13 voix, 8 demanderont la condamnation à mort.
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Cependant, comme la procédure ne contient pas de PREUVE IRREFUTABLE de  culpabilité,Jean CALAS sera également condamné à la question préalable.
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L'arrêt de condamnation sera rendu le 9 Mars 1762
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Il fait froid en ce matin du 10 mars 1762 à TOULOUSE:Jean CALAS est revêtu d'une simple chemise qui ne le protège pas des morsures du gel.

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Il clame son innocence malgré les souffrances qu'il endure lors la question ordinaire ( par étirement) et extraordinaire (par l'eau).

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L'après midi,il est amené dans  un chariot devant une  église de Toulouse ; il tient entre ses mains une torche de cire jaune ,s'agenouille et doit demander pardon à Dieu au Roy et à la Justice.( pour un crime qu'il n'a point commis! petit aparté personnel)

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Sur la place Saint GEORGES,un échafaud a été dressé ;la foule, avide de spectacle morbide ,se presse.On entend le bruit que font les roues du chariot sur la rue pavée menant à la Place.


Le bourreau est là et se remémore les instructions énoncées dans l'arrêt de condamnation:il doit rompre les bras,les jambes et les cuisses du condamné.

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Jean CALAS est ensuite exposé sur  la roue, la face tournée  vers le ciel.

 

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..Il attend la mort qui mettra fin à son supplice;son confesseur le Père BOURGES est près de lui; il lui demande s'il n'a pas froid car lui a froid.Il lui fait même une requête:une des jambes brisées par le bourreau est repliée sur la roue et  ces "tiraillements" (sic)le font souffrir atrocement.Pourrait-on la déplier?


L'exécuteur acceptera.

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Jusqu'au terme de ce supplice,Jean CALAS clame son innocence!!!Il demande que l'on pardonne à ses juges!!

 

Il expire enfin et son corps est brûlé sur un bûcher dressé sur la place.Les cendres seront dispersées au vent d'Autan.

 

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(A suivre)

 

16:14 Publié dans justice | Lien permanent | Commentaires (15)

11/03/2012

ERREUR JUDICIAIRE(suite)

A TOULOUSE, AU SIECLE DES LUMIERES.

 

 

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Jean CALAS écrasé de douleur, défait le garrot étranglant Marc-Antoine;comme il  le chérissait ce fils bien qu'il lui reprochât parfois de consacrer trop de temps à jouer au billard au détriment de ses études.

A la demande de son père,Pierre court prévenir un ami de la famille, à une centaine de mètres de chez eux dans le quartier de la BOURSE (aparté:où siège leTribunal de commerce à l'heure actuelle,place de la BOURSE).

Il faut agir vite,prévenir les hommes de Loi,mais surtout taire qu'il s'agit d'un suicide,sinon le déshonneur frapperait la famille!

Ensuite,il faut absolument prévenir le Capitoul ( magistrat)

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(Capitoul,à l'époque de l'affaire CALAS)
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, son greffier,un assesseur.

Pendant ce temps au 50 rue des Filatiers

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un attroupement se forme;un fanatique affirme que Marc-Antoine devait se convertir au caholicisme le lendemain,un autre prétend qu'il est d'usaghe chez les parents protestants d'étrangler leurs enfants s'ils manifestent leur volonté de conversion;d'ailleurs Gaubert LAVAISSE,ce jeune étudiant bordelais hôte de la famille, n'est-il pas venu es qualité de " bourreau" pour accomplir ce rite?

Une passante a entendu des cris provenant de la maison:ce ne peut être que l'appel à l'aide de Marc-Antoine;une autre a entendu" Au voleur" alors qu'il ne s'agissait que du cri de douleur du père" Ah,mon Dieu".

et patati et patata ...

Alerté par ces clameurs, le Capitoul se vêt à la hâte et arrive rue des Filatiers avec 40 soldats.

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Deux médecins qu'il fait mander procèdent aux premières investigations médico-légales sur le cadavre..Aucune trace de meutrissures ne laisse présager qu'il y a eu lutte...


Ils ne prennent pas le temps d'établir un rapport écrit et communiquent le résultat de leurs investigations oralement.

Le Capitoul , négligent,considère que les quelques lettres trouvées dans la poche de la veste de Marc-Antoine sont des"papiers inutiles"!.Le fait que certains vêtements de Marc-Antoine soient soigneusement pliés et posés  sur un meuble n'interpelle pas son attention!D'ailleurs il n'ordonne aucune perquisition!!!!!!!!!!

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Sur son ordre , toute la famille CALAS,la servante et le jeune Gaubert sont amenés à la prison du Capitole.

Il fait froid dans les cachots, seul celui des femmes est éclairé.

Jean CALAS, voulant taire l'acte suicidaire de son fils chéri, va parler de meurtre d'un rôdeur...ce qui le perdra!

En effet, comment un meurtre aurait-il pu se produire alors que la porte d'accès à l'immeuble était fermée à clef, et qu'aucune effraction n'a été constatée?le meurtrier ne pouvait dès lors  être que...Jean CALAS.

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Le Capitoul,peu respectueux de la forme, rédige un procès-verbal qu'il antidate d'une journée!alors qu'il le rédige en présence de témoins à l'Hôtel de Ville,il prétend l'avoir établi chez les CALAS!!

Un "expert",qui n'est autre que le "bourreau"(!) se rend 50 rue des Filatiers accompagné du Capitoul et  de sa " suite" pour vérifier s'il est possible ou non qu'un homme puisse se pendre aux deux battants de la porte du magasin..sa réponse est "non"!Il n'argumente pas, ce n'est pas son "fort".

le chirurgien LAMARQUE,dans un de ses rapports écrits,va jusqu'à prendre l'oeil droit pour l'oeil gauche.

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Autant d'invraisemblances...

 

 

Le Parlement se saisit de cette affaire ,

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et,après  s'être rétiré dans le salon doré pour délibérer,
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casse la décision des capitouls!
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( à suivre)
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(Photos perso  ou extraites du livre:"Cinq siècles de Justice à Toulouse")

12:30 Publié dans justice | Lien permanent | Commentaires (17) | Tags : calas

09/03/2012

ERREUR JUDICIAIRE

à TOULOUSE,AU SIECLE DES LUMIERES

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Il y a bien longtemps que je n'ai alimenté la rubrique " Histoire" et je tenais à y remédier en rédigeant une note qui me tient beaucoup à coeur (que j'éditerai en 3 ou 4 parties afin de ne pas lasser "l'auditoire"):elle met en évidence la relativité de la justice ,la fragilité des témoignages et les rumeurs  qui la desservent.
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"Je sens qu'il importe au genre humain qu'on soit instruit jusque dans les derniers détails de tout ce qu'a pu produire le fanatisme,cette peste exécrable du genre humain."
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Ainsi s'exprimait Pierre CALAS le 23 Juillet 1762.
Son père,jean CALAS, riche négociant en tissus résidant à TOULOUSE,50, rue des Filatiers,
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a été condamné à mort,puis roué vif,étranglé et brûlé le 10 Mars 1762 , sur la place Saint GEORGES  à TOULOUSE.
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( lieu d'exécution de Jean CALAS)
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Cet évènement est connu sous le nom de:
l'AFFAIRE CALAS.
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Elle  illustre les contradictions d'une époque déchirée entre les préjugés,la soif de justice et la découverte de LA TOLERANCE.
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Nous sommes le 13 Octobre 1761:il fait un peu froid au 50 ,rue des Filatiers et la servante a allumé un bon feu.
Elle est depuis plusieurs années au service de cette famille de protestants bien qu'elle soit catholique : les CALAS sont réputés pour être des gens tolérants. D'ailleurs,Louis, l'un des enfants,s'est converti au catholicisme, vraisemblablement influencé par Jeanne VIGUIERE,la servante.


Au tour de la table de la salle manger, au premier étage de la maison,dînent Jean CALAS,son épouse et leurs enfants .Ils ont invité un jeune homme de 19 ans Gaubert LAVAISSE, fils d'un avocat bordelais,ami de Marc-Antoine, l'un des fils CALAS.
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Marc-Antoine a la mine sombre;c'est un fin lettré, tourmenté peut être..il lit de temps en temps des oeuvres écrites par Plutarque ou Sénèque sur le suicide. Parfois,il récitait les vers célèbres de Skakespeare:"Etre ou ne pas être"...
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Alors que le repas s'achève,il se lève  et va se réchauffer dans la cuisine devant le feu:"je brûle..oui..."dit il à la servante.
Puis il descend au rez de chausssée où se tient le magasin ..
Au premier étage les conversations vont bon train.
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A la lueur d'un flambeau Pierre CALAS,l'un des fils,raccompagne son hôte et alors qu'ils parviennent au rez-de chaussée,ils découvrent, entre les deux battants de la porte donnant accès au magasin, le corps sans vie de Marc-Antoine étranlé par une corde à noeuds coulants....
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Jean CALAS étreint son fils mort, la mère esssaie de faire ingérer à Marc-Antoine des liqueurs.
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(A suivre)
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(photos "maison")

10:45 Publié dans justice | Lien permanent | Commentaires (13)

09/02/2012

UNE DEFENSE..

 

SANS FRONTIERES OU  LA JUSTICE AU SERVICE DES DROITS DE L'HOMME

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"Là où la défense n'a plus la parole"
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"Le verdict est tombé ce vendredi 3 février au matin : l’ancien tortionnaire khmer rouge et directeur du centre de sécurité S-21 ,DUCH,a été condamné, en appel, à la prison à perpétuité."

 

Il me paraissait être un devoir de  rédiger cette note à la suite de la récente décision qui honore la Justice ,ce qui me permet de rappeler l'oeuvre utile et insdispensable de  l'ASF ( Assiation des avocats sans frontières)créée en 1995 par François CANTIER,Avocat toulousainqui en a été le Président jusqu'en 2011.

Je vous livre une interwiev  de celui- ci qui vous permettra de mieux appréhender les objectifs de l'association.

  

 

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 (photo prise lors du procès par une amie qui représentait- avec d'autres-  les familles des victimes)

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 L' action d'ASF au Cambodge a mobilisé toute l' énergie  de ses membres pour assurer la défense des victimes (certaines étant encore en vie)et des familles des victimes qui ont péri dans ce terrible génocide entre 1975 et 1979

 Les membres d'ASF sont encore  présents au  procès  qui se tient en ce moment à PHNOM PENH où  comparaissent 4 anciens dirigeants du régime des khmers rouges.. 

Leur mission ,outre la défense devant la juridiction spéciale, est large:

ils ont participé grâce à la formation qu'ils ont dispensée à la création de l'aide judictionnelle permettant l'accès gratuit à la justice pour les défavorisés qui sont hélas une majorité.   ( il n'existait pratiquement pas d'avocats).A l'heure actuelle plusieurs  cabinets ont vu le jour. 

 

Le peuple cambodgien a ainsi le droit de se défendre,il n'existe plus de justice expéditive

Avocats sans frontière a favorisé l'élaboration d'un code de procédure pénale, code civil et autres cadres juridiques "garde-fous" nécessaires pour assurer le respect de la  liberté individuelle,le régime des khmers rouges ayant laissé derrière lui  un vaste désert juridique

 

Les membres d'ASF sont encore sur le terrain:

 

 

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(photo Annie) 

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 Voici l'extrait d'une interview donnée par François CANTIER  à l'aube du déroulement du procès en première instance au Cambodge:  

> L’audience préliminaire du procès de « Duch » s’est tenue hier. Qu’est-ce que cela symbolise pour vous ?

« L’ouverture de ce procès devant les Chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens (CETC) a mis face à face les victimes et l’accusé, Kaing Guek Eeav, qui est en quelque sorte leur bourreau. Je ne remets pas en cause la présomption d’innocence, mais « Duch » a reconnu lui-même les crimes pour lesquels il comparaît.

Ce procès est historique pour deux raisons. Premièrement, il concerne un événement de l’Histoire : un génocide. Comme il y a eu le génocide arménien, rwandais ou tzigane, il y a eu celui du peuple cambodgien, de 1975 à 1979. Deuxièmement, c’est la première fois qu’en matière de justice pénale internationale, les victimes se retrouvent à armes égales avec leur bourreau.

> Au Cambodge, les victimes du génocide vivent avec les anciens membres du régime khmer, cela a-t-il eu un impact sur le procès ?

.... même si les victimes peuvent bénéficier d’une protection policière. La plupart des Khmers rouges sont encore en liberté. Certaines victimes m’ont dit : « Après ce qu’on a vécu, on ne peut pas chasser la crainte ». Il y a un traumatisme. Ce procès pourra justement aider les victimes à comprendre et à faire leur deuil.

L'AVENIR.

 

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"
Afin de contribuer au renforcement de l’Etat de droit au Cambodge, Avocats Sans Frontières France et le Barreau du Cambodge ont décidé de mener conjointement un projet d’aide judiciaire. Celui-ci est destiné à renforcer l’accès au droit des populations vulnérables, notamment dans les provinces les plus reculées du Cambodge.

Au moment où a été créé ce programme, la plupart des avocats d’aide judiciaire était basée à Phnom Penh et les personnes disposant de faibles revenus ne pouvaient se déplacer jusqu’à la capitale pour bénéficier de services gratuits. Un premier programme d’aide judiciaire, lancé en 2006, a ainsi permis de mettre à disposition des avocats auprès de la totalité des juridictions provinciales du pays. 

Un deuxième programme, ouvert en mai 2010, a permis de consolider la présence des avocats du programme - qui pour la plupart avaient poursuivi leur activité pendant l’arrêt du projet pendant quelques mois - et en a accueilli de nouveaux. Aujourd’hui, 22 avocats sont installés dans 20 provinces du Cambodge"

Prochainement vont s'ouvrir des missions dans des pays d'Afrique.

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Pour les avoir côtoyés,je tiens à mettre en exergue le formidable dévouement des membres de l'association avocats sans frontières,tous bénévoles ,ardents défenseus au service du respect des droits de l'HOMME.De temps en temps j'établirai une note faisant le compte rendu de leurs missions.

 

10:57 Publié dans justice | Lien permanent | Commentaires (15)

22/12/2011

LA BUCHE D'AGNES...

 OU UN COEUR " gros comme ça

 

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L'an dernier,à la même époque je vous avais parlé d'Agnès et de" sa "bûche.

 

L'évènement se renouvelant chaque année,selon le même rituel, j'ai donc, en l'actualisant, reproduit la note que j'avais rédigée l'an dernier.

 

Agnès ,je vais la revoir le 24.

 

Elle a eu une année difficile Agnès;sa maman est partie il y a peu de temps.Mais au milieu de ses sanglots ,elle m'a dit," vous savez Elisabeth(elle prononce Elisabé),cette année,je mettrai un oeuf supplémentaire,la bûche sera plus grosse.

 

En fin de note, j'ai fait un copier-coller d'un commentaire qui m'émeut encore plus cette année,celui d'un père noël-bougnat...que j'appelais affectueusement "tonton bourru".

 

 

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-"Allo,Elisabeth ? D’accord pour le 24, comme d’habitude,à l’entrée du parking de LIDL ?Vous savez que vous êtes toujours dans mon coeur".

 

-OK,Agnès ;je vous embrasse

°°

°

 

Elle était arrivée 25 années plus tôt, déposant sur mon bureau son ballot de souffrance.

 

Une Agnès ,très soignée,portant tunique longue pour dissimuler des rondeurs dûes à quelques excès de table ,un visage poupin où la gentillesse avait inscrit ses marques,les joues légèrement fardées ,peut-être un peu trop rouges,le verbe un peu saccadé par une violente émotion ,un rire parfois nerveux , un regard un peu triste venant démentir la joie affichée.

 

Raconter 20 années de vie conjugale n’est pas exercice aisé.

 

 

 

20 années de gentillesse exploitée .

 

 

Un mari que les cheveux grisonnants ont rendu plus charmant .Trop.

 

Et elle qui s’arrondissait..Il préfèrait les minces.

 

Elle s’accroche Agnès à son unique bien, une villa » Malardeau » ;20 ans d’échéances à venir,20 ans d’un sacrifice renouvelé .

 

C’est son seul bien ,son repère affectif,son port d'attache.

 

Cela ne va pas être facile  ;elle le sait.

 

Elle qui a consacré sa vie à mitonner de bons petits plats ,à "briquer" les meubles vernis de sa maison,, va travailler comme une «  folle », malgré ses genoux épais déformés par l'arthrose. 

 

Vendeuse, Agnès. Debout, toute la journée.

 

Pas un enfant pour la soulager .

 

Les miens, elle les a "vus "grandir ;quelques photos dans mon bureau .

 

 

Chaque année, le 24 Décembre ;ils demandent :on va manger la bûche d’Agnès ?

 

Une bûche magnifique, au chocolat et aux marrons,avec une foule de joyeux lutins verts et rouges pour la décorer.

 

Et ce matin du  14 décembre 2011,le même appel :

 

-"Allo Elisabeth,devant le parking de LIDL ?"

 

°°

°°

 

Oui, Agnès, depuis 25 ans,nous mangeons votre bûche.

 

Merci Agnès,parce que vous faîtes partie de ces personnalités qui m’ont tellement fait aimer ma profession,de ces souvenirs chargés d'affection que n'oblitère pas le temps.

 

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"Allô Elisabeth...
Une rencontre, un bout de chemin, un service ... Cela suffit parfois pour tisser une amitié...Allô Elisabeth...La bûche sera là, meilleure d'année en année.
Tout comme la vie, l'amitié est simple comme un coup de fil...
Bon Noêl Betty, une pensée particulière pour la petite Lola...Dis-lui qu'il y a bien loin là-bas, dans des semi-montagnes où la neige n'empêche personne de vivre sa vie, un vieux père noêl bougnat bougon qui l'embrasse bien fort...Et toi aussi..."

 

 Ecrit par : Crabillou | 17.12.2010

 

Alain, je te garde une part de bûche.

 

 

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ET BON NOEL A TOUS

 

 

13:28 Publié dans justice | Lien permanent | Commentaires (33)

14/12/2010

LA BUCHE D'AGNES...

 OU UN COEUR " gros comme ça."(expression empruntée à l'ami Gérard (CHAP) qui ne pouvait trouver meilleure définition à la lecture de cette note).

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"Allo,Elisabeth ? D’accord pour le 24, comme d’habitude,à l’entrée du parking de LIDL ?Vous savez que vous êtes toujours dans mon coeur".

 

-OK,Agnès ;je vous embrasse

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°

 

Elle était arrivée 25 années plus tôt, déposant sur mon bureau son ballot de souffrance.

 

Une Agnès ,très soignée,portant tunique longue pour dissimuler des rondeurs dûes à quelques excès de table ,un visage poupin où la gentillesse avait inscrit ses marques,les joues légèrement fardées ,peut-être un peu trop rouges,le verbe un peu saccadé par une violente émotion ,un rire parfois nerveux , un regard un peu triste venant démentir la joie affichée.

 

Raconter 20 années de vie conjugale n’est pas exercice aisé.

 

 

 

20 années de gentillesse exploitée .

 

 

Un mari que les cheveux grisonnants ont rendu plus charmant .Trop.

 

Et elle qui s’arrondissait..Il préfèrait les minces.

 

Elle s’accroche Agnès ,à son unique bien, une villa » Malardeau » ;20 ans d’échéances à venir,20 ans d’un sacrifice renouvelé .

 

C’est son seul bien ,son repère affectif,son port d'attache.

 

Cela ne va pas être facile  ;elle le sait.

 

Elle qui a consacré sa vie à mitonner de bons petits plats ,à "briquer" les meubles vernis de sa maison,, va travailler comme une «  folle », malgré ses genoux épais déformés par l'arthrose. 

 

Vendeuse, Agnès. Debout, toute la journée.

 

Pas un enfant pour la soulager .

 

Les miens, elle les a "vus "grandir ;quelques photos dans mon bureau .

 

 

Chaque année, le 24 Décembre ;ils demandent :on va manger la bûche d’Agnès ?

 

Une bûche magnifique, au chocolat et aux marrons,avec une foule de joyeux lutins verts et rouges pour la décorer.

 

Et ce matin du  11 décembre 2010,le même appel :

 

-"Allo Elisabeth,devant le parking de LIDL ?"

 

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°°

 

Oui, Agnès, depuis 25 ans,nous mangeons votre bûche.

 

Merci Agnès,parce que vous faîtes partie de ces personnalités qui m’ont tellement fait aimer ma profession,de ces souvenirs chargés d'affection que n'oblitère pas le temps.

 

(Je promets à mes lecteurs de prendre une photographie de la bûche le 24 décembre prochain).

 

 

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08:42 Publié dans justice | Lien permanent | Commentaires (25) | Tags : justice

29/09/2010

DES JOURNEES DE VIE QUI.....

Aux USA,la semaine dernière, dans une indifférence quasi générale si ce n'est un léger sursaut médiatique..une femme a été éxécutée.

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"Il s'agit bien, en définitive, dans l'abolition, d'un choix fondamental, d'une certaine conception de l'homme et de la justice. Ceux qui veulent une justice qui tue, ceux-là sont animés par une double conviction : qu'il existe des hommes totalement coupables, c'est-à-dire des hommes totalement responsables de leurs actes, et qu'il peut y avoir une justice sûre de son infaillibilité au point de dire que celui-là peut vivre et que celui-là doit mourir.

A cet âge de ma vie, l'une et l'autre affirmations me paraissent également erronées. Aussi terribles, aussi odieux que soient leurs actes, il n'est point d'hommes en cette terre dont la culpabilité soit totale et dont il faille pour toujours désespérer totalement. Aussi prudente que soit la justice, aussi mesurés et angoissés que soient les femmes et les hommes qui jugent, la justice demeure humaine, donc faillible.

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(BADINTER-Extrait du discours pour l'abolition de la peine de mort.)

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09:23 Publié dans justice | Lien permanent | Commentaires (8)

20/09/2010

LE JOURNAL

A l'extrémité de la salle des pas perdus,la lourde porte qu'elle va franchir s'ouvre sur une vaste salle éclairée par de hautes fenêtres.

 

Répartis sur quatre rangées,des bancs à dossier font face à une estrade ;au centre, un siège recouvert de velours rouge encadré par deux autres  de même facture.

 

Ses mains sont moites et dans un geste nerveux elle ajuste le rabat de la robe noire qu'elle revêt pour la première fois.

 

Elle s'avançe,ses pas sont lents;elle s'assied derrière une sorte de bureau,au plateau oblong ,ressemblant aux pupitres de son école à la campagne.

 

Son regard s'attarde longuement sur le sol où des carreaux blancs et noirs forment un damier puis suit les courbes des accoudoirs, lisses ,patinés par le temps .Elle aime ce bois noble et doré qu'est le noyer.

 

Elle est calme mais "l'envergure "des manches de la robe dissimule un léger tremblement des doigts:elle a le " trac".

 

Il prend place à ses côtés,s'installe bruyamment, éteind un gros cigare ,symbole de sa virilté.

Le noeud papillon, bien ajusté, témoigne du soin méticuleux que l'homme a apporté à son  apparence " sociale" 

 

IL plaide.Elle écoute,attentive aux inflexions de cette voix.

 

Le rythme de son coeur s'accélère.

 

"C'est à Vous;vous avez la parole".

 

Alors elle se lève et dans un geste qui l'accompagnera pendant plus de 30 ans, rituel immuable pour conjurer sa peur,elle enlève le bracelet offert deux mois plus tôt par ses parents à l'occasion de sa prestation de serment et le pose sur le pupitre.

 

Sa parole au départ peu assurée  s'affirme  .A ses côtés,l'homme au cigare a ouvert le journal local , il lit...ou fait semblant.

Bruit du journal froissé.....

Révolte sourde ,élément déclencheur de son combat pour la dignité de la femme.

 

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( Merci à Miche )

 

 

 

09:34 Publié dans justice | Lien permanent | Commentaires (14)

25/03/2010

SUSPENDUE....

 

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SUSPENDUE...

 

PENDUE..

 

CRUAUTE de la MORT...

 

 SUSPENDRE ....DIFFERER..mais QUOI?

 

Au terme de multiples atermoiements la Cour Suprême des Etats Unis d'Amérique vient de suspendre l'éxécution par voie létale de HANK SKINNER.

 

 

 

Chemin de la mort interrompu.

 

Le dernier "cri "du condamné  entendu....à moins d'une heure de son éxécution!

 

 Minutes rédoutées.

Pas de drogues ce matin pour paralyser les muscles, le coeur.

Oublier ces 7 minutes redoutées.

 

Pas de contorsions,pas de convulsions.

 

Pas de rideau se refemant sur les familles meutries devant l'IGNOMINIE.

  

"Alors seulement, je commençais véritablement ma plaidoirie ? Jusque-là, je n'avais été qu'un frère quêteur dans sa robe noire, mendiant une ouverture vers les coeurs. Aussi m'arrivait-il de bafouiller, d'enchaîner les phrases les unes aux autres sans les achever, moi, cet universitaire si soucieux, à l'ordinaire, de l'exactitude des termes et de la clarté de l'expression. Un autre, en ces instants, m'habitait tout entier. Cette voix, ces mots, de quelle angoisse refoulée dans la vie ordinaire jaillissaient-ils ? J'en ai découvert la source bien plus tard, inopinément, longtemps après l'abolition. Mais, en ces moments, ce que je percevais pendant le réquisitoire de l'avocat général qui demandait la tête de celui dont, derrière moi, dans le box, j'entendais le souffle, c'était bien la mort elle-même, présente dans le prétoire et qui me fixait d'un oeil rouge, comme dans les légendes du Moyen Âge. "

(Robert Badinter-Extrait de l'Aboliiton)

 

 

13:45 Publié dans justice | Lien permanent | Commentaires (10)

08/12/2009

TETE A TETE.

 

 

Il était  là, petit prince triste, assis dans un fauteuil bien trop grand .

Les poings serrés sur les genoux comme pour retenir un désespoir s'ouvrirent alors libérant deux petites mains, les mains tendres de l'enfance.

Sur mon bureau, le plumier devint jouet, une voiture qu'il manoeuvrait d'un geste automatique, allant de droite à gauche et de gauche à droite.

Vroom, vroom.

Enfin l'enfant qui avait tû jusque là le secret qui mangeait son âme comme l'ogre mange les  enfants,se libéra:

Quand je suis en voiture avec Papa,il me dit:"si au bout de 3 tu ne dis pas "Ma mère est une conne"je fonce dans le fossé.

Un, deux, trois...

ET L'ENFANT DIT.

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09:35 Publié dans justice | Lien permanent | Commentaires (10)

 
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